La Bulgarie, pays voisin de la Turquie, a reconnu vendredi « l’extermination massive des Arméniens » il y a 100 ans, tout en évitant le mot « génocide » et en distinguant l’Empire ottoman de la Turquie actuelle.

La Bulgarie « reconnaît l’extermination massive du peuple arménien par l’Empire ottoman de 1915 à 1922 », le 24 avril étant déclaré « jour de commémoration des victimes », selon une déclaration du Parlement adoptée par 157 voix contre 36.

« L’extermination massive (…) doit être reconnue », a souligné le Premier ministre conservateur Boïko Borissov devant des journalistes au Parlement, tout en évitant le mot « génocide ».

« Je m’attends à ce que la distinction nette (que nous faisons) entre l’Empire ottoman et la Turquie actuelle soit relevée par l’Etat turc », a-t-il ajouté.

La Bulgarie est le pays de l’UE au taux le plus élevé de musulmans – environ 13% de la population – dont la plupart appartiennent à la minorité turque demeurée dans le pays après la fin de la domination ottomane en 1878.

Elle entretient des relations de bon voisinage avec la Turquie.

Les 36 députés du parti de la minorité turque MDL (opposition), ont voté contre la déclaration. Ce parti, qui a longtemps joué un rôle incontournable dans la vie politique bulgare, avait empêché depuis 2006 huit tentatives d’adoption de déclarations alors déposées par le parti ultranationaliste bulgare, et qui comportaient le terme de « génocide arménien ».

Ce terme n’a été endossé à ce jour que par une vingtaine de pays, dont la France, la Russie et l’Allemagne, jeudi.

Mercredi, Ankara a rappelé son ambassadeur à Vienne après la reconnaissance symbolique du génocide par le Parlement autrichien.