La députée Zahava Gal-On, qui dirige le parti de gauche Meretz, a rencontré lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour discuter de ses projets de promouvoir une législation limitant le pouvoir judiciaire.
 
La proposition de loi, présentée par la députée Ayelet Shaked de HaBayit HaYehudi, limiterait le pouvoir de la Cour suprême à abroger des lois votées par la Knesset – quelque chose que Gal-on juge incompatible avec les valeurs démocratiques d’Israël.

« Sans pouvoir judiciaire significatif, la démocratie ne peut pas exister », a écrit Gal-on sur Facebook lundi soir. « Il n’y a personne pour la défendre contre la tyrannie de la majorité, personne pour la protéger contre elle-même ».

La chef de file du Meretz a réitéré ce principe mardi lors d’une interview à la radio israélienne et a également évoqué l’argument selon lequel Netanyahu devrait soutenir la proposition de loi afin de former une coalition.

« Le Premier ministre est aujourd’hui dans une situation où il dispose de 30 sièges à la Knesset, » a-t-elle répondu. « Il a différentes options pour former un gouvernement ».

Gal-on s’est moquée de l’idée qu’une telle option serait un gouvernement d’union nationale avec l’Union sioniste de centre-gauche. « Un gouvernement de droite est ce que le pays a choisi, » a-t-elle affirmé, « et je respecte la décision du pays ».

Elle a affirmé que, bien que, elle aussi, ait critiqué la Haute Cour dans le passé, ses pouvoirs ne devaient pas être limités par le pouvoir exécutif.

« Encore récemment, j’ai critiqué le système judiciaire qui parfois se retient trop, » a dit Gal-on, en citant la loi anti-boycott d’Israël comme exemple. La loi de 2011 a rendu illégal le boycott d’Israël et a été confirmée par la Cour, malgré les allégations des organisations de défense des droits civils qui l’accusent de restreindre la liberté d’expression.

Mais en votant une loi remplaçant le pouvoir judiciaire pour superviser les lois, a-t-elle maintenu, cela permettrait à « une majorité parlementaire aléatoire » d’éliminer la branche judiciaire du gouvernement, et d’infliger « le plus de dommages possibles aux – et tout d’abord – droits de l’homme mais aussi au statut d’Israël dans le monde ».

Selon certaines sources, Netanyahu aurait également indiqué sa volonté de promouvoir un projet de loi qui donnerait aux politiciens beaucoup plus de poids dans le processus de sélection des juges.

Gal-on a également evoqué les propos récemment tenus par Wendy Sherman, la sous-secrétaire d’Etat américaine pour les affaires politiques, concernant l’insistance américaine réiterée pour une solution à deux Etats.

« Le gouvernement israélien, sous la direction de Netanyahu, n’a pas l’intention d’entamer des négociations directes avec les Palestiniens, » a déclaré Gal-on sur la radio israélienne.

« Nous comptons en permanence sur les Américains pour leur soutien, la plupart du temps à l’ONU, afin de s’opposer aux initiatives palestiniennes, et à d’autres initiatives, et en particulier à la candidature palestinienne pour la reconnaissance de statut d’État à l’ONU, » a-t-elle affirmé.

« Donc, quand on a besoin des Américains tout va bien, mais quand ce qu’ils disent nous dérange, les gens commencent à parler d’ « ingérence flagrante et grossière ».

Le public israélien et les États-Unis, a continué Gal-on, devraient exercer une pression constante « sur le gouvernement israélien pour qu’il entre dans le processus [de paix] ».