La Chine a signé un accord de 300 millions de dollars pour s’associer avec des entreprises israéliennes de haute technologie qui travaillent pour créer de la viande en laboratoire dans le cadre des efforts du géant asiatique pour adopter des technologies qui l’aideront à réduire les émissions nocives et la pollution.

Les entreprises israéliennes SuperMeat, Future Meat Technologies et Meat the Future sont trois des huit entreprises dans le monde qui cultivent de la viande à partir de cellules animales dans des laboratoires, a indiqué le magazine Quartz.

Cet accord ouvre potentiellement l’économie asiatique aux entreprises israéliennes. Le marché chinois est potentiellement énorme : la Chine a importé l’équivalent de plus de 10 milliards de dollars de viande en 2016, selon le Centre du commerce international.

Au fur et à mesure que le pays s’est modernisé et que le niveau de vie a augmenté pour la classe moyenne chinoise, la consommation de viande a explosé.

« C’est une opportunité de marché colossale », a déclaré Bruce Friedrich, responsable du Good Food Institute (GFI), qui soutient et qui défend les alternatives à la viande. « Cela pourrait mettre de la viande [fabriquée en laboratoire] dans les radars des responsables chinois qui ont la capacité d’investir des milliards de dollars dans cette technologie ».

Cet accord devrait être salué par des écologistes. Ils pourraient le considérer comme une étape vers la réduction des gaz à effet de serre.

L’élevage d’animaux produit du gaz méthane, qui conduit à 21 fois plus de réchauffement climatique que le dioxyde de carbone, gaz également nuisible, qui est libéré lorsque de vastes étendues de forêt sont défrichées pour les pâturages. À l’échelle mondiale, l’élevage est responsable de 14,5 % de la pollution par les gaz à effet de serre.

La création de cellules de viande dans un laboratoire (Crédit : Capture d'écran YouTube)

La création de cellules de viande dans un laboratoire (Crédit : Capture d’écran YouTube)

La Chine a déjà annoncé un plan visant à réduire de moitié la consommation de viande chinoise.

La semaine passée, le journal chinois de la science et de la technologie, publié par l’État, a publié un article (en chinois) qui préconise la consommation de viande produite en laboratoire comme moyen sûr et respectueux pour l’environnement de manger de la viande.

« Vous avez deux produits identiques, un pour lequel vous devez abattre du bétail pour l’obtenir », a expliqué l’article. « L’autre est exactement le même [produit], et moins cher, il n’y a pas d’émissions de gaz à effet de serre, pas d’abattage d’animaux. Lequel choisiriez-vous ? ».

De nombreux groupes de défense des droits des animaux ont accueilli favorablement le développement de la viande de laboratoire comme une alternative à l’abattage massif d’animaux dans l’industrie de la viande.

Certains végétaliens, cependant, s’opposent à toute utilisation de tissu animal et attendent une alternative totalement exempte de viandes animales.