Le ministère des Affaires étrangères chinois a publié un livre sur Jérusalem du conseiller en politique des affaires étrangères du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Dore Gold, dont la thèse centrale semble contredire les positions de Beijing sur le conflit du Moyen Orient.

Le combat pour Jérusalem : Islamisme radical, l’Occident, et le futur de la Ville sainte, de Gold, a été publié pour la première fois en 2007. L’idée principale tend à montrer que la ville doit rester sous souveraineté Israélienne, en se fondant sur le droit historique du peuple juif et sur la responsabilité d’Israël de protéger les sites saints de la Vieille Ville.

Mais la position officielle de la Chine, en revanche, exige une division de Jérusalem.

Au mois de mai dernier, le président Xi Jinping a fait une proposition se fondant sur quatre idées essentielles en vue de régler le conflit israélo-palestinien, à savoir, la création d’un État palestinien en se basant sur les frontières de 1967, avec Jérusalem Est comme capitale.

Selon Gold, qui en début de cette année a rejoint le cabinet du Premier ministre en tant que conseiller en politique étrangère à temps partiel, ce nouvel intérêt de Beijing pour son livre s’explique par l’attention accrue de ce dernier pour les politiques régionales.

« La Chine est, en ce moment, dans une phase d’apprentissage. Elle veut comprendre le Moyen Orient, » explique Gold, l’ancien ambassadeur israélien aux Nations unies, pour le Times of Israel la semaine dernière dans son bureau de Jérusalem.

« De ce fait, un livre qui explique le point de vue des Israéliens – le plus répandu dans l’Etat d’Israël – sur Jérusalem les intéresse. Pas uniquement pour connaître les faits mais aussi voir l’analyse : pourquoi Israël affirme que Jérusalem doit rester unie sous la souveraineté Israélienne, quelle en est la logique sous-jaçente ? ».

Gold, qui est toujours le président du Centre d’Affaires publiques de Jérusalem, précise que son livre – un ancien best-seller du New York Times – explique que Jérusalem a toujours été une cité juive, et soutient que les sites saints seraient en danger de destruction si des autorités autres qu’Israël devaient régner sur la Vieille Ville.

Le peuple et le gouvernement chinois ont une profonde admiration pour l’ancienne civilisation du peuple juif, car eux mêmes font partie d’une ancienne civilisation comme les Juifs, analyse Gold.

« Leur approche diplomatique des conflits territoriaux est liée au droit historique. Je ne pense pas qu’Israël se mêlerait des questions historiques de la mer du sud chinoise ou du Tibet ou d’autres sites. Mais il est intéressant de voir que c’est un problème pour eux et que la restauration de l’Etat juif est fondée sur des droits historiques, » indique-t-il.

Le président israélien Shimon Peres et son homologue chinois Xi Jinping à Pékin, le 8 avril 2014 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/Flash 90)

Le président israélien Shimon Peres et son homologue chinois Xi Jinping à Pékin, le 8 avril 2014 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/Flash 90)

Gold a eu un premier contact avec le gouvernement chinois en 2012, quand son centre a accueilli en Israël une délégation d’un groupe de réflexion affilié au comité central du parti communiste chinois.

Après leur avoir fait une courte présentation de Jérusalem, Ils ont montré un vif intérêt pour son livre traduit, qui en chinois est simplement intitulé Jérusalem.

Selon Gold, « quelques milliers » d’exemplaires ont été imprimés en Chine, et le public visé est composé de diplomates et de personnalités du milieu politique.

Couverture de l'ouvrage de Dore Gold

Couverture de l’ouvrage de Dore Gold

Sur la couverture de l’édition chinoise du Combat pour Jérusalem, Gold est décrit comme un « célèbre politicien
israélien ».

En quatrième de couverture, le traducteur note que
« indubitablement, dans ce livre l’auteur exprime sa propre vision de l’Histoire, ses sentiment nationalistes et ses jugements de valeurs, dont quelques-uns dont on ne partage pas le point de vue. Mais nous avons essayé au mieux de nous en tenir au texte original ou de ne pas le raccourcir pour maintenir l’intégrité du livre, et aussi pour présenter aux chercheurs le point de vue des Israéliens. »