La Chine est consciente des inquiétudes d’Israël face au programme nucléaire iranien et continuera de soutenir les négociations pour empêcher la République islamique de se procurer des armes, a assuré mardi le président chinois Xi Jinping à son homologue israélien Shimon Peres.

Peres est arrivé à Pékin mardi pour une visite de trois jours visant à promouvoir les liens économiques et diplomatiques entre les deux pays. Peres espère aussi renforcer l’engagement mutuel à la lutte contre la propagation d’armes non conventionnelles au Moyen Orient.

Après une réunion de deux heures entre les deux présidents, Xi a déclaré qu’il comprenait les inquiétudes d’Israël face à l’Iran.

La Chine est un client important de l’industrie iranienne du pétrole et a fermement soutenu Téhéran par le passé. Le pays a notamment résisté aux efforts pour imposer des sanctions plus lourdes au régime.

Les États-Unis sont allés jusqu’à offrir des dérogations à la Chine pour pouvoir poursuivre les négociations avec la République islamique.

La Chine est en effet membre des 5+1, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, qui négocient avec l’Iran pour conclure un accord nucléaire.

La veille de la réunion entre Peres et Xi à Pékin, le ministre-adjoint iranien des Affaires étrangères, Morteza Sarmadi, a rencontré l’ambassadeur chinois sortant, Yu Hongyang.

Les deux hommes ont discuté du renforcement des liens économiques entre leurs deux pays, selon l’agence de presse semi-officielle Fars.

« La Chine attache une grande importance au renforcement des liens avec l’Iran, un partenaire important et digne de confiance, » a déclaré Yu.

« Il existe de vastes potentiels dans la poursuite des relations entre les deux pays, dans toutes sortes de domaines, » a-t-il ajouté.

De leur côté, les deux présidents ont parlé de la crise dans les négociations de paix israélo-palestiniennes. Peres a réaffirmé son engagement face aux pourparlers et appelé à leur reprise.

« La Chine pourrait jouer un rôle prépondérant dans le renforcement de la stabilité et les efforts de paix au Moyen Orient, » a-t-il ajouté.

Il s’agit d’ « une visite extrêmement importante pour l’État d’Israël, » avait indiqué Peres dans un communiqué précédant son départ.

« La Chine est une puissance au niveau régional comme au niveau mondial et nos relations avec elle revêtent une signification stratégique, » a-t-il déclaré.

« En termes diplomatiques, des questions critiques sont à l’ordre du jour. L’intérêt de la Chine pour le Moyen Orient ne fait qu’accroître et promouvoir la paix et la stabilité profitera à tous, pour lutter contre le terrorisme et la propagation d’armes non conventionnelles. »

Le président israélien doit rencontrer le président du Congrès national du peuple, Zhang Dejiang et participer à une cérémonie en compagnie des présidents des plus grandes entreprises chinoises de technologie. La cérémonie se déroulera dans la Cité interdite et aura pour but d’encourager les investissements et la collaboration entre les entreprises des deux pays.

En décembre dernier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi s’était rendu à Jérusalem.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’avait rencontré et avait souligné les opportunités de collaborations commerciales entre la Chine et Israël, y compris dans des domaines tels que la haute technologie, l’irrigation, l’agriculture, l’énergie renouvelable et les services médicaux.

Netanyahu a fait des relations avec la Chine une priorité. En mai dernier, il avait dirigé une importante délégation en Chine pour y rencontrer de hauts politiciens et responsables commerciaux. Il avait été prévu de créer un groupe d’intervention pour améliorer les relations commerciales.

En termes généraux, Israël est un très modeste partenaire pour la Chine. Le commerce bilatéral devrait atteindre les 8 millions de dollars cette année, comparés aux 6,7 millions en 2010, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.

Mais la Chine s’intéresse à de nombreuses technologies nouvelles, domaine dans lequel Israël est considéré comme un leader mondial.

Les centres d’intérêt de la Chine comprennent notamment le recyclage de l’eau, le dessalement, l’agriculture, la santé et la médecine. Les compagnies israéliennes ont donc d’importantes opportunités.

Netanyahu aurait souhaité concentrer ces visites sur l’aspect commercial, mais la Chine semble vouloir davantage s’impliquer dans la région et y jouer un plus grand rôle diplomatique, notamment dans les négociations de paix israélo-palestiniennes.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.