Des responsables militaires de 26 pays occidentaux et arabes, réunis à Ryad, ont décidé jeudi de renforcer l’armée irakienne pour combattre le groupe Etat islamique (EI), mais un haut général américain a souligné que la campagne antidjihadistes prendrait « du temps ».

« Je suis convaincu qu’ils (les participants) ont la ferme intention de renforcer de façon coordonnée l’armée irakienne », a déclaré un diplomate occidental, sous couvert de l’anonymat.

L’EI s’est emparé en juin de larges pans de territoires en Irak, profitant de la débandade de l’armée, de nombreux soldats abandonnant leurs positions.

Si une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis mène, en appui à l’armée et aux forces kurdes irakiennes, des frappes aériennes contre l’EI depuis août, aucun pays ne souhaite participer à une opération au sol, d’où la nécessité de renforcer les forces irakiennes.

L’Allemagne a notamment annoncé en décembre l’envoi d’une centaine de militaires dans le nord de l’Irak pour former des peshmergas, les combattants kurdes.

Dans un communiqué, le général américain Lloyd Austin, qui dirige la coalition internationale contre l’EI en Syrie et en Irak, a indiqué que la campagne contre ce groupe extrémiste « prendrait du temps ».

Il a néanmoins souligné que la force de l’EI « s’était dégradée en Syrie » tandis que les djihadistes « se sont montrés incapables de prendre et de garder de nouveaux territoires en Irak ».

Selon la source diplomatique occidentale, la Syrie, où la coalition mène des raids depuis fin septembre contre des positions de l’EI, « est un peu en second plan pour l’instant ». « La première chose à faire, c’est de se débarrasser (de l’EI) en Irak. »

D’après cette source, la montée en puissance de l’EI en Libye faisait aussi partie des discussions de Ryad, débutées mercredi.

Lundi, des avions de combat égyptiens ont bombardé des positions tenues par ce groupe en Libye, en représailles à la décapitation de 21 chrétiens coptes en majorité égyptiens.

Signature de l’accord USA-Turquie pour former et équiper les rebelles syriens

Les Etats-Unis et la Turquie ont signé jeudi à Ankara un accord, scellé il y a deux jours, pour former et équiper des opposants syriens modérés en Turquie, ont annoncé des responsables américains et turcs.

« La Turquie et les Etats-Unis ont signé un document il y a peu concernant le programme de formation et de fourniture d’équipement », a annoncé le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu à des journalistes.

« Je peux confirmer que l’accord a été signé ce soir à Ankara », a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’ambassade américaine. Les signataires sont le sous-secrétaire au ministère des Affaires étrangères turques Feridun Sinirlioglu et l’ambassadeur américain à Ankara John Bass, a précisé une source gouvernementale.

L’annonce met un terme à des mois de négociations difficiles entre les alliés au sein de l’Otan sur la formation des rebelles syriens et sur quel ennemi il faudrait se concentrer.

Ankara, très critique vis-à-vis du président syrien Bashar al-Assad, souhaite que les factions de rebelles modérés soient entraînés pour combattre tant le régime de Damas que les insurgés du groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui contrôlent de larges zones de territoires en Irak et en Syrie jusqu’à la frontière turque.

Washington, dont la force aérienne effectue des attaques ciblées contre les positions de l’EI en Syrie, souhaite former les rebelles dans le cadre de sa lutte contre le groupe EI.

Le gouvernement américain espère que le programme pourra débuter d’ici fin mars, de manière à ce que les premiers combattants rebelles formés puissent être opérationnels d’ici la fin de l’année, selon le Pentagone.

L’objectif du programme est d’entraîner plus de 5.000 combattants syriens dès la première année.