Près de la moitié de la communauté juive du Royaume-Uni craint pour son avenir dans le pays et ailleurs en Europe, révèle une enquête publiée mercredi.

Selon les résultats de ce sondage organisé par la Campagne contre l’antisémitisme (CAA) auprès de 2 230 Britanniques d’origine juive, 45 % des sondés estiment ne pas avoir d’avenir en Grande-Bretagne et 58 % ne pas en avoir sur le long terme en Europe.

Un quart des personnes interrogées ont indiqué avoir envisagé de quitter le Royaume-Uni ces deux dernières années.

L’enquête a été menée du 23 décembre au 11 janvier et couvre donc la prise d’otages meurtrière vendredi dans un supermarché casher à Paris, qui a fait quatre morts de confession juive.

« Les résultats de notre enquête révèlent une prise de conscience choquante qui intervient juste après les atrocités de Paris », a estimé le président du CAA, Gideon Falter.

« L’antisémitisme va croître et les Juifs britanniques vont s’interroger sur leur place dans leur propre pays », a-t-il ajouté.

Le CAA a indiqué que 2014 avait été l’année où a été enregistré le plus grand nombre d’incidents antisémites par la police britannique depuis l’organisation des sondages il y a 30 ans, et que, selon la police londonienne, les actes antisémites avaient plus que doublé dans la capitale en 12 mois de novembre 2013 à novembre 2014 par rapport à l’année précédente.

Un quart des quelque 3 411 adultes britanniques interrogés dans une autre enquête par le site YouGov pour le compte du CAA estiment que les Juifs gagnent plus d’argent que les autres, 17 % qu’ils ont trop de pouvoir dans les médias et 13 % qu’ils évoquent l’Holocauste pour attirer la sympathie.

Après la prise d’otages meurtrière de vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lancé aux juifs de France qu’Israël était « leur foyer ».

Le Premier ministre français Manuel Valls lui a répondu en affirmant que la France sans les juifs de France n’était plus la France.