Le directeur de l’Autorité nationale de la sécurité routière a déclaré mardi que la conduite imprudente des membres de la communauté arabe a causé un taux de mortalité disproportionnellement élevé parmi les conducteurs de cette communauté et a affirmé que le problème venait de leur comportement et non des infrastructures.

Au lendemain d’un accident de la route dans le nord qui a causé la mort de quatre personnes et qui a fait de nombreux blessés, Giora Romm a déclaré à la radio de l’armée que les leaders arabes du pays ont été négligents sur la question. Selon ses propos, bien que les Arabes ne représentent que 20 % de la population, ils représentent 30 % des morts sur les routes. En 2016, 43 % des conducteurs tués dans des accidents de voiture étaient des Arabes, a-t-il souligné.

« Depuis le début de l’année, 11 Juifs et 11 Arabes ont été tués », a rappelé Romm.

Les chiffres publiés la semaine dernière par le Bureau central des statistiques ont montré que 376 personnes ont été tuées en 2016 sur les routes d’Israël, contre 356 en 2015.

Les décès de lundi ont été causés quand une voiture a heurté de plein fouet un minibus sur l’autoroute 886. Les trois occupants de la voiture, âgés de 18, 17 et 15 ans, sont morts sur les lieux de l’accident, alors qu’une femme, 58 ans, qui était dans le minibus, est décédée plus tard dans l’hôpital. Les quatre victimes étaient membres de la minorité arabe d’Israël.

Une enquête initiale a révélé que la voiture roulait à grande vitesse et qu’elle commençait à dévier vers l’autre voie de circulation, où les voitures arrivaient en sens inverse.

« Même s’il y avait une sorte de barrière de séparation, la vie de la personne âgée est la seule vie qui aurait pu être sauvée. Les trois jeunes gens auraient été tués de toute manière », a déclaré Romm, un ancien général de l’armée de l’air israélienne qui a plus tard dirigé l’Autorité de l’aviation civile.

« Il s’agit d’une conduite sauvage et irresponsable qui mène à un pourcentage inacceptable de décès dans la communauté arabe ».

Il a expliqué que l’autorité de la sécurité routière a essayé de sensibiliser la communauté arabe à ces problèmes et a cherché à « rencontrer autant de personnes que nous pouvions pour aborder cette question ».

Giora Romm, à l'époque directeur de l'autorité de l'Aviation civile d'Israël. le 9 janvier 2014 (Crédit : Moshe Shai / Flash 90)

Giora Romm, à l’époque directeur de l’autorité de l’Aviation civile d’Israël. le 9 janvier 2014 (Crédit : Moshe Shai / Flash 90)

« Il y a un problème profond dans la communauté arabe », a poursuivi Romm.

« La conduite imprudente et l’absence de discipline qui sont l’expression de la frustration ne relèvent pas de la compétence de l’Autorité nationale de la sécurité routière. C’est une question à laquelle les dirigeants arabes doivent faire face et ils n’y font pas face comme cela est nécessaire ».

Dans le cadre de ses efforts pour améliorer la sécurité routière dans la communauté, l’autorité a l’intention de présenter un vaste plan à tous les législateurs arabes à la fin du mois.

« Nous allons investir énormément d’argent dans ce domaine », a promis Romm.

Le mois dernier, la commission des Finances de la Knesset a approuvé une nouvelle réglementation qui prévoira une hausse des amendes pour excès de vitesse et le non respect des feux rouges.

Un rapport du contrôleur d’Etat publié en novembre 2016 a relevé de multiples failles dans les efforts déployés par l’autorité de la Sécurité routière, le ministère des Transports et le ministère de l’Education pour réduire le nombre de morts sur les routes en Israël.

L’autorité reçoit son budget du ministère des Transports et est chargée de financer et d’administrer les opérations visant à améliorer la sécurité routière et accroître la sensibilisation, ce qui inclut les activités éducatives. Son budget en 2014 était de 276 millions de shekels mais est passé à 230 millions de shekels 2015.