Le président français François Hollande a annoncé mardi que la conférence internationale prévue le 30 mai à Paris pour tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien était reportée à l’été et dénoncé une résolution « fâcheuse » de l’Unesco qui a braqué Israël.

Le secrétaire d’Etat américain « John Kerry ne peut pas venir le 30 mai donc elle est retardée. Elle aura lieu dans l’été », a déclaré le chef de l’Etat sur la radio Europe 1.

« Cette initiative est nécessaire parce que, s’il ne se passe rien, si la France ne prend pas une initiative forte, qu’est-ce qui va se passer ? La colonisation, les attaques, les attaques terroristes, un certain nombre de conflits vont se poursuivre, les Palestiniens vont aller vers le Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

« Une nouvelle date, début juin, devrait être prochainement fixée », a indiqué peu après le ministère français des Affaires étrangères dans un point de presse électronique.

Cette réunion doit rassembler une vingtaine de pays, plus l’UE et l’ONU, mais sans les Israéliens ni les Palestiniens. Elle doit permettre de préparer, en cas de succès, un deuxième sommet international, prévu au deuxième semestre 2016, en présence cette fois des dirigeants israélien et palestinien.

« Il faut qu’on en arrive là […]. Nous allons créer avec l’ensemble des acteurs, les grands pays et les pays voisins, les paramètres qui permettront qu’Israéliens et Palestiniens se retrouvent à la table des négociations », a expliqué François Hollande.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s’est heurté dimanche à Jérusalem à de vives objections sur cette initiative de la part du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a mis en doute l’ « impartialité » française en brandissant un récent vote de la France à l’Unesco.

François Hollande a déploré mardi le vote « fâcheux » par la France de cette résolution controversée et annoncé qu’il veillerait « personnellement » à sa reformulation en octobre.

« Là, il y a eu un amendement fâcheux […] qui a brouillé ce texte […]. Puisqu’il y aura une nouvelle résolution au mois d’octobre, je serai extrêmement vigilant et je la regarderai personnellement », a-t-il ajouté.

« Elle sera refaite au mois d’octobre […]. Il n’est pas possible que les lieux saints puissent être mis en cause ou en doute quant à l’appartenance aux trois religions », a-t-il martelé.

A l’initiative de plusieurs pays arabes, le conseil exécutif de l’Unesco a adopté mi-avril, avec la voix de la France, une décision sur la « Palestine occupée » visant à « sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem Est ».

Benjamin Netanyahu a condamné un texte « absurde », qui « ignore le lien historique unique entre le judaïsme et le mont du Temple ».

Dans un communiqué de presse publié sur son site officiel, le Hamas a déclaré que l’annonce de report par la France de la conférence sur la paix était une preuve supplémentaire de l’échec du processus de paix, que le groupe rejette officiellement.

« L’annonce française de report de la conférence de paix internationale représente une preuve supplémentaire de l’échec de l’option de conclure un accord et du projet [du président de l’Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas. Le Hamas appelle la direction du Fatah à abandonner les futilités politiques et les illusions de conclusion d’un accord et à retourner aux choix nationaux basés sur la stabilité, le partenariat et la résistance. »

L’organisation a déclaré dimanche, à l’occasion du jour de la Nakba, pendant lequel les Palestiniens commémorent la « catastrophe » de la création de l’Etat d’Israël en 1948, qu’elle « ne reconnaîtrait pas Israël et n’abandonnerait pas un grain de notre terre ».