Les plans de construction d’une usine de fabrication de charcuterie porcine sur l’ancien site d’un camp de travaux forcés nazi a suscité la colère de la famille des anciens propriétaires du lieu.

Sur ce site, situé dans la ville de Haiming, à l’ouest de l’Autriche, des centaines de prisonniers avaient été forcés par les Nazis à construire un barrage pour une centrale hydroélectrique.

Après la Seconde Guerre mondiale, le camp avait été détruit et était resté inoccupé jusqu’à ce que la compagnie énergétique Tiwag — propriétaire du terrain – ne le vende à Handyl Tyrol, l’un des plus grands fabricants de saucisse et de bacon du pays, selon le Times of London.

Toutefois, les projets de développement du site ont entraîné une pluie de protestations, les descendants des anciens propriétaires clamant qu’ils avaient été placés dans l’obligation de céder les parcelles au régime soutenu alors par les Nazis et n’avoir jamais reçu aucune indemnisation.

Même si une commission nommée après la Deuxième Guerre mondiale avait estimé que le site avait été acquis “au nom de l’intérêt général” et qu’il n’y avait donc aucune nécessité d’indemniser les anciens propriétaires terriens, les plans de développement du site ont toutefois réouvert de vieilles plaies.

Un mémorial aux victimes Roms de l'Holocauste dévoilé en l'an 2000 au cimetière de Mirovice à proximité d'une immense ferme porcine située sur le site d'un ancien camp de concentration à Lety, au sud de la Bohême, le 4 mai 2005 (Crédit : AFP/MIchal Cizek)

Un mémorial aux victimes Roms de l’Holocauste dévoilé en l’an 2000 au cimetière de Mirovice à proximité d’une immense ferme porcine située sur le site d’un ancien camp de concentration à Lety, au sud de la Bohême, le 4 mai 2005 (Crédit : AFP/MIchal Cizek)

Cette affaire survenue en Autriche révèle la forte sensibilité liée à la question du développement des sites qui ont, dans le passé, été utilisés par les Nazis pour des camps de travaux forcés et d’extermination des Juifs et d’autres groupes considérés comme indésirables.

L’année dernière, une campagne en République tchèque, visant à démanteler une porcherie qui avait été construite dans les années 1970 à l’endroit même d’un ancien camp de Nazis pour Roms, où 327 personnes avaient trouvé la mort pendant la guerre, avait également suscité la controverse.