La coordination sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne reprendra peu à peu et ce tant qu’aucune restriction ne pèsera sur l’accès des musulmans au mont du Temple, a indiqué un haut-responsable palestinien au Times of Israël samedi.

Le responsable a salué Israël pour avoir supprimé les restrictions imposées sur le mont du Temple suite à un attentat terroriste meurtrier survenu sur le site au début du mois. Il a également salué les services de sécurité du Shin Bet et l’armée israélienne pour leur gestion des tensions croissantes entourant le lieu saint de Jérusalem et a exprimé l’espoir que les deux parties puissent reprendre leurs liens de travail.

La semaine dernière, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait suspendu la coordination sécuritaire avec Israël pour protester contre l’installation des détecteurs de métaux à l’entrée du lieu saint, une initiative qui avait attisé de vastes mouvements de protestation et suscité des condamnations de la part du monde arabe et musulman.

La coordination sécuritaire entre Israël et l’AP, mise en place depuis des années malgré des liens diplomatiques presque gelés, est considérée comme essentielle pour Israël comme pour la faction du Fatah d’Abbas pour contenir la violence en Cisjordanie, en particulier de la part du groupe terroriste du Hamas.

Des manifestants palestiniens affrontent les forces de sécurité israélienne à proximité de l'implantation juive de Beit El, à côté de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 24 juillet 2017 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Des manifestants palestiniens affrontent les forces de sécurité israélienne à proximité de l’implantation juive de Beit El, à côté de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 24 juillet 2017 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Samedi, le Times of Israël a appris que l’AP avait continué à procéder à des arrestations de membres du Hamas en Cisjordanie et ce malgré le gel de la coopération entre les forces sécuritaires israéliennes et palestiniennes.

Un responsable du Fatah a confirmé que des arrestations étaient en cours mais a indiqué qu’à part sur les « dossiers critiques », la coordination sécuritaire avec Israël n’avait pas encore repris.

Le chef de la sécurité préventive de l’AP en Cisjordanie, Ziyad Hab al-Rih, a également confirmé ces arrestations au Times of Israël, affirmant que les militants du Hamas programmaient des attentats pour faire escalader les tensions entre Israël et les Palestiniens.

Rih a expliqué qu’un certain nombre de militants du Hamas avaient été arrêtés cette semaine à Qalqilya, Tulkarem, Ramallah et à l’université polytechnique de Hébron.

Les tensions israélo-palestiniennes sont élevées depuis que trois terroristes arabes israéliens ont tué deux policiers sur le site du complexe du mont du Temple le 14 juillet à l’aide d’armes à feu qu’ils avaient fait entrer clandestinement sur le site. Israël avait par la suite installé des dispositifs de sécurité à l’entrée de ce lieu saint qui accueille la mosquée d’Al Aqsa et le Dôme du rocher.

Des gardes-frontières à proximité des détecteurs de métaux placés à l'entrée du mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des gardes-frontières à proximité des détecteurs de métaux placés à l’entrée du mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette initiative avait déclenché des affrontements, quelques-uns des pires connus depuis des années, et menacé de créer un conflit entre l’Etat juif et les autres nations arabes et musulmanes. Six Palestiniens ont été tués lors d’émeutes contre les forces de sécurité israéliennes au cours des deux dernières semaines et trois membres d’une famille israélienne ont été assassinés par un terroriste palestinien au sein de l’implantation de Halamish dans la nuit de vendredi dernier.

Les nouvelles mesures de sécurité ont causé un boycott des fidèles musulmans qui ont menacé de ne pas revenir sur le site jusqu’à ce que toutes les nouvelles mesures de sécurité soient abandonnées.

Jeudi, Israël a supprimé toutes les nouvelles initiatives prises en matière de sécurité -détecteurs de métaux, rampes et échafaudages pour caméras – aux entrées du mont du Temple et la prière musulmane a repris plus tard le même jour.

Des dizaines de milliers de fidèles musulmans sont retournés vendredi pour la prière sur le mont du Temple, Israël interdisant l’entrée aux hommes âgés de moins de 50 ans. Malgré plusieurs affrontements légers à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, les prières du vendredi se sont déroulées sans incident notable.

Les fidèles musulmans palestiniens assistent aux premières prières du vendredi du mois sacré du Ramadan à l'extérieur de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le 2 juin 2017 (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Les fidèles musulmans palestiniens assistent aux premières prières du vendredi du mois sacré du Ramadan à l’extérieur de la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le 2 juin 2017 (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Le mont du Temple est une question excessivement sensible au coeur du conflit israélo-palestinien. Même le plus petit changement perçu dans les arrangements délicats relatifs au site suffit à attiser les tensions.

Les Juifs vénèrent le complexe comme étant le mont du Temple, ce lieu sur lequel se dressaient les deux temples bibliques juifs. Le lieu le plus saint du judaïsme et le mur Occidental, vestige de l’un des temples, est le site le plus sacré où les Juifs peuvent faire la prière.

Mais le complexe fortifié abrite également la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du rocher, et il est le troisième lieu le plus saint de l’Islam après la Mecque et Médine. Les musulmans croient que c’est de là que le prophète Mahomet est monté aux cieux.