L’Autorité palestinienne a décidé de suspendre la coopération sécuritaire avec Israël après la mort de Ziad Abou Ein, annonce un fonctionnaire de l’AP au Times of Israel mercredi. Les militants des factions palestiniennes appellent à une résistance armée.

L’ancien chef des forces de sécurité, Jibril Rajoub, explique que l’AP n’a pas eu d’autres que choix que de répondre à Israël qui a franchi « une ligne rouge ».

Il poursuit en précisant que cette suspension de la coopération est ouverte. Il ajoute que l’AP adhèrera immédiatement à des organisations internationales. Il fait référence aux dizaines d’organisations onusiennes et autres forums internationaux auxquels l’AP menaçait de se joindre. Israël s’oppose à cette manœuvre unilatérale.

L’AP n’a pas officiellement confirmé les affirmations de Rajoub.

Abou Ein, 55 ans, est décédé en lors de son transfert à l’hôpital suite à son implication dans un affrontement avec les troupes israéliennes en Cisjordanie.

Les témoins palestiniens affirment qu’Aobu Ein, qui était en charge du dossier colonisation au sein du gouvernement de l’AP, a inhalé du gaz lacrymogène et a été frappé par une crosse de fusil d’un soldat. Un témoin israélien affirme que ce n’est pas le cas. L’armée israélienne a ouvert une enquête sur cet incident qui a eu lieu près de Turmusaya, au sud de l’implantation de Shiloh.

Plusieurs factions palestiniennes se sont unies pour condamner cet affrontement et le décès d’Abou Ein, qui ont eu lieu lors d’une plantation d’arbre dans le centre de la Cisjordanie.

Jibril Rajoub (Crédit : Nati Shohat/Flash90/File)

Jibril Rajoub (Crédit : Nati Shohat/Flash90/File)

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a annoncé trois jours de deuil pour commémorer le « martyr » d’Abou Ein. Abbas a accusé Israël d’être responsable de la mort d’Abou Ein, et l’a qualifié d’ « acte barbare au sujet desquels nous ne pouvons pas rester silencieux ».

« Nous allons prendre les mesures nécessaires après avoir pris connaissance des résultats de l’enquête sur le martyr du guerrier Abou Ein », a précisé Abbas dans un communiqué diffusé par le biais de l’agence de presse palestinienne Wafa.

Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat a déclaré que la mort d’Abou Ein était dû à une « culture d’impunité accordée à Israël par la communauté internationale ».

« Le gouvernement israélien porte l’entière responsabilité de l’assassinat du ministre (sic) Abou Ein et des crimes systématiques commis contre le peuple palestinien ».

Les vidéos de l’événement révélées par Sky News Arabia montrent une altercation physique entre Abou Ein, décrite dans certains reportages comme un ministre de l’AP, et un agent de la police des frontières israélien, au cours duquel le policier saisit le cou du fonctionnaire du Fatah. Les images tournées plus tard le montrent à terre en train d’essayer de reprendre son souffle avant qu’il ne soit évacué dans une ambulance palestinienne.

Le Hamas a appelé à toutes les factions palestiniennes à s’unir dans l’opposition à « l’occupation criminelle israélienne », et a exhorté à un arrêt immédiat de la coopération sécuritaire avec Israël.

Le fonctionnaire du Jihad islamique Khaled Al-Batsh a posté un message de condoléance à l’adresse de la famille Abou Ein sur Facebook.

« Ce crime odieux prouve que l’ennemi ne fait aucune distinction entre les membres du Jihad [islamique], du Fatah et du Hamas. Par conséquent, la réponse la plus appropriée pour ce crime odieux est de mettre un terme à la coordination sécuritaire avec l’ennemi. Nous devons soutenir la résistance armée puisque l’ennemi ne comprend que le langage de la force ».

Robert Serry, le Coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, s’est dit « profondément attristé » par la mort d’Abou Ein.

Il a exhorté, dans un communiqué, les « autorités israéliennes à mener une enquête rapide, approfondie et transparente sur les circonstances de sa mort ».

Avi Issacharoff a contribué à cet article.