La Haute cour de justice a donné aux résidents de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, une date limite pour garantir qu’ils quitteront leurs domiciles pacifiquement, a déclaré mercredi la cour dans un communiqué.

La cour doit se prononcer sur une demande de l’Etat pour obtenir 45 jours de délai supplémentaire pour évacuer l’avant-poste, qui devait être démantelé le 25 décembre, afin de permettre la mise en place d’un accord négocié.

La Haute cour a donné aux habitants jusqu’à 10h00 jeudi matin pour soumettre leurs attestations acceptant le compromis qu’ils ont signé avec le gouvernement pour éviter une évacuation par la force. Dans le cadre de cet accord, 24 des 41 familles d’Amona seraient déplacées vers un terrain adjacent, et les autres emménageraient dans l’implantation voisine d’Ofra.

Les autorités espèrent que l’accord empêchera la répétition des violences qui avaient suivi la destruction de plusieurs constructions permanentes de l’avant-poste en 2006.

Les habitants d’Amona ont cependant menacé d’annuler l’accord si la cour rejetait la demande de délai de l’Etat.

« Nous ne sommes pas obligés par l’accord », a déclaré cette semaine au Times of Israël Ofer Inbar, porte-parole d’Amona. « S’ils [les juges] la rejettent, nous devrons voir ce que nous ferons. »

 L'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, le 28 novembre 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Amona est le plus grand de la centaine d’avant-postes non autorisés, érigés sans permission mais sont généralement tolérés par le gouvernement, qui parsèment la Cisjordanie. En décembre 2014, après des années d’appels et de reports, la cour a jugé qu’Amona était construit sur un terrain palestinien privé, et ordonné que l’avant-poste soit évacué dans les deux ans, au plus tard le 25 décembre 2016.

L’Etat a demandé un délai de 45 jours pour préparer des solutions de logement temporaire pour les familles qui doivent être expulsées. Si la demande est acceptée par la cour, la nouvelle date finale d’évacuation sera le 8 février 2017.

Pour leur part, les propriétaires palestiniens se sont opposés à la demande de délai de l’Etat, affirmant dans une lettre adressée à la Haute cour que malgré le jugement, l’Etat n’avait jamais eu l’intention de rendre leurs terres.

« La demande de reporter l’évacuation, seulement quatre jours avant la date ordonnée par la cour, est le sommet d’un processus de deux ans visant à briser les défenseurs tout en maintenant l’apparence du respect de la loi, de l’égalité, de la protection du droit à la propriété et de la justice », ont-ils écrit.