Un tribunal israélien a ordonné dimanche à l’Autorité palestinienne et aux auteurs d’un attentat à la voiture piégée qui avait tué trois juifs israéliens de payer 62 millions de shekels (17,6 millions de dollars) d’indemnisation.

Le terroriste palestinien Marwan Barghouti — emprisonné en Israël après avoir été condamné à plusieurs peines de prison à vie pour son rôle dans des attaques lors de la première et de la deuxième Intifada — fait partie des sept Palestiniens impliqués dans l’attentat et appelés à dédommager les proches.

L’Autorité palestinienne devra payer 40 % de la somme totale, ainsi qu’une partie des frais judiciaires et juridiques, ce qui portera la facture au chiffre de 74 millions de NIS (21,2 millions de dollars).

Sharon et Yaniv Ben-Shalom ainsi que Doron Severi avaient été abattus par des Palestiniens au début de la Seconde Intifada en août 2001 alors qu’ils circulaient à bord d’une voiture un samedi soir depuis Eilat, dans le sud du pays, vers leur domicile, situé dans le centre d’Israël.

Un véhicule transportant des Palestiniens les avait rattrapés sur la route 443 – dont une partie traverse la Cisjordanie – entre Jérusalem et Tel Aviv. Les attaquants avaient ouvert le feu. Aucun des trois Israéliens n’avait survécu.

Sharon Ben Shalom avait réussi à sauver la vie de ses deux enfants, Efrat et Shahar, en les couvrant de son corps. Elle avait ensuite succombé aux balles qu’elle avait reçues dans le dos.

Les deux enfants ont depuis été élevés par leur tante paternelle, Odelia Moshe Ben Shalom, et par son mari Atzmon Moshe.

Moshe Drori, vice-président du tribunal de district de Jérusalem. (Capture d’écran Youtube)

La décision rendue vendredi par le vice-président du tribunal de district de Jérusalem, Moshe Drori, a établi le montant des dommages-intérêts conformément à un précédent datant du mois de septembre 2014. Dans ce dossier plaidé il y a trois ans, ce même juge avait conclu que l’AP et les auteurs du massacre avaient endossé une responsabilité délictuelle face aux 16 plaignants et aux membres de la famille Severi.

Drori avait rejeté l’affirmation faite à l’époque par l’AP, qui avait estimé qu’elle ne pouvait être tenue pour responsable dans la mesure où elle représentait un état. Le magistrat avait argué que l’Autorité n’était pas un état, qu’elle ne bénéficiait pas d’une immunité, et qu’elle avait pris la responsabilité du financement et de l’approvisionnement d’armement en vue de l’attaque.

Un délit est un terme juridique qualifiant une violation lorsqu’un individu cause des dommages, des blessures ou des dommages à une autre personne.

Vendredi, Drori a décidé que des dommages-intérêts d’un montant de 10 millions de shekels devront être donnés à chacune des trois victimes, et qu’une somme de 6 millions de shekels devra être versée à chacun des deux orphelins. Cinq millions de shekels seront par ailleurs remis à chacun des quatre parents des victimes.

Ce faisant, il a rejeté la requête des victimes qui demandaient à ce que chaque accusé soit condamné à verser à chacun des plaignants 20 millions de NIS, notant que les précédents établis par les tribunaux américains pour des montants comme celui-là n’ont aucune incidence, les indemnisations versées par les tribunaux des Etats-Unis et d’Israël étant différentes.

En plus de Marwan Barghouti, les accusés palestiniens sont : Ahmad Taleb Mustafa Barghouti, Muhammad Rahman Salem Mislah, Husam Aqel Rajab Shehadeh, Haytham Al-Mutbak Hamdan, Fares Sadeq Muhammad Ghanem et Ali Alian.

Le juge israélien a déclaré que l’Autorité palestinienne avait encouragé les attaques et fourni aux forces de sécurité les armes qui avaient fini dans les mains des attaquants.

La décision pourrait cependant rester largement symbolique, ses modalités d’application restant floues.

L’AFP a contribué à cet article.