La plus haute juridiction des Pays-Bas a confirmé mardi l’acquittement d’un antiquaire poursuivi pour avoir vendu des vieilles copies du livre « Mein Kampf » d’Hitler, interdit à la vente dans le pays.

En 2014, les procureurs avaient inculpé le propriétaire de la galerie à Amsterdam, Michiel van Eyck, pour incitation à la haine raciale et pour discrimination suite à une plainte déposée par un groupe juif.

« La Cour suprême rejette l’appel » déposé par les procureurs contre l’acquittement de Van Eyck suite à des décisions antérieures similaires prises par les tribunaux néerlandais, a annoncé la Cour suprême dans un communiqué.

« La Convention européenne des droits de l’Homme affirme que la liberté d’expression ne peut être limitée que s’il y a un besoin social pressant », a déclaré le tribunal.

« Dans ce cas, il n’y en a pas », a ajouté le tribunal de La Haye, affirmant que le livre d’Adolf Hitler, publié pour la première fois en 1925, « joue un rôle important dans le débat social sur les idées antisémites ».

« La cour estime que le défendeur voulait vendre quelques copies historiques en raison de leur importance historique et non pas à cause des passages antisémites dans le livre ».

« Il n’a pas non plus été démontré que le défendeur soutient ou propage l’idéologie nazie », a ajouté le tribunal.

Van Eyck a déclaré à l’AFP que sa galerie d’art totalitaire, basée à Amsterdam, spécialisée dans la vente d’objets appartenant aux régimes oppressifs de l’histoire. Elle comprenait également des objets de l’époque de Staline ou de la Chine de Mao Zedong, ainsi que les écrits de la juive néerlandaise Anne Frank, qui est morte dans un camp de concentration nazi après s’être caché à Amsterdam.

« Je vends des artefacts qui constituent une partie importante de l’histoire et ‘Mein Kampf’ en fait partie », a déclaré Van Eyck.

« Je ne suis pas surpris par la décision de la cour mais je suis soulagé que toute cette affaire soit maintenant derrière moi », a-t-il ajouté.

Selon la loi néerlandaise, la vente de « Mein Kampf » a été interdite en 1974 parce que le livre-programme d’Hitler pour la montée du nazisme et l’Holocauste faisait la promotion de la haine et la discrimination.

S’il avait été condamné, Van Eyck aurait pu faire face à six mois de prison ou à une amende de 7 600 euros.