Une pétition a été déposée auprès de la Cour suprême demandant au procureur général Avichai Mandelblit d’enquêter sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre de l’enquête sur la fraude à Bezeq, la plus grande entreprise de télécommunication d’Israël.

Shmuel Hauser, président de l’Autorité israélienne des titres (ATI) a déclaré lundi qu’elle avait trouvé des preuves solides appuyant les soupçons initiaux d’infractions criminelles contre les dirigeants de Bezeq, y compris des violations de la loi sur les valeurs mobilières, la fraude, l’abus de confiance et l’entrave aux procédures judiciaires.

Shaul Elovitz, propriétaire du groupe de communication Bezeq. (Crédit : capture d’écran Calcalist)

L’enquête de l’ATI s’est penchée sur un magnat des communications, Shaul Elovitz, actionnaire majoritaire de Bezeq ; Shlomo Filber, le directeur général du ministère des Communications ; Stella Handler, chef de la direction de Bezeq ; et le PDG de la société de télévision par satellite Yes, Ron Ayalon.

Elovitz est considéré comme un ami personnel de Netanyahu, et les critiques ont longtemps décrit le conflit d’intérêts que cette relation pourrait causer au premier ministre en sa qualité de ministre de la communication, un poste qu’il a occupé de fin 2014 à février de cette année.

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

L’ATI a déclaré avoir découvert que Bezeq avait reçu des informations privilégiées du ministère des Communications, et a également travaillé avec le directeur du ministère pour influencer les décisions afin que Bezeq puisse en bénéficier.

La pétition a été déposée par l’avocat et activiste anti-corruption et Shachar Ben Meir. Il a demandé à la Cour Suprême, qui agit également en tant que Haute Cour de Justice, d’ordonner à Mandelblit d’expliquer pourquoi Netanyahu n’est pas considéré comme un potentiel suspect, alors qu’il a personnellement nommé Filber, qu’il est proche d’Elovitz, et qu’il a été ministre de la Communication.

L’enquête de l’ISA a déterminé qu’Elovitch aurait gagné quelque 170 millions de shekels illégalement dans un accord d’affaires que Bezeq a conclu avec Yes, indique le communiqué de lundi.

L’ATI a déclaré avoir découvert des preuves que Bezeq avait reçu des informations du ministère des Communications sur les décisions réglementaires, et travaillé directement avec le directeur du ministère Filber pour influencer ces décisions au profit de Bezeq.

« Il s’agit de l’une des enquêtes les plus complexes et les plus vastes menées par l’ATI, qui a neccessité des enquêtes poussées et a fait appel à des technologies les plus avancées au monde », a déclaré Hauser, le chef de l’ISA.

En réponse aux allégations, un avocat d’Elovitch a déclaré que « la bonne chose à faire est d’être patient et d’attendre que la vérité soit révélée », insistant sur le fait qu’aucun crime n’a été commis. Un porte-parole de Bezeq a refusé de commenter.