La Cour Suprême israélienne a ordonné la démolition d’ici deux ans de neuf maisons construites dans l’implantation d’Ofra, au nord de Jérusalem, en Cisjordanie.

Cette décision, annoncée dimanche soir, suit un verdict rendu en décembre par la Cour suprême, ordonnant la démolition avant fin 2016 de tous les bâtiments de l’implantation d’Amona, où habitent 50 familles dans la périphérie d’Ofra.

« Compte tenu de la difficulté à mettre en œuvre la démolition, étant donné que des familles vivent dans les bâtiments, et afin de leur permettre de se reloger, je propose que les ordres de destruction prennent effet d’ici deux ans à compter de ce jugement », écrit dans son jugement sur Ofra le président de la Cour Suprême Asher Grunis.

« La Cour Suprême a, par sa décision, clarifié de façon univoque, que la loi, les droits de l’Homme et en particulier le droit à la propriété doivent être respectés dans les Territoires palestiniens », a déclaré à l’AFP l’avocat Shlomy Zachary, conseil de plaignants.

Il représente Yesh Din, une des organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme qui avaient saisi, avec cinq propriétaires terriens palestiniens, la Cour suprême en 2008 au sujet des neuf maisons.

Ofra, une des plus anciennes implantations de Cisjordanie, compte 3 400 habitants. Elle est située bien au-delà de la Ligne verte, c’est-à-dire des frontières de 1967, et isolée des blocs de construction qu’Israël compte conserver dans le cadre d’un éventuel accord avec les Palestiniens.

Bien qu’Israël considère Ofra comme une implantation « légale » car approuvée par le gouvernement dans les années 1970, le statut de nombre de constructions de l’implantation est problématique car elles sont situées sur des terres privées palestiniennes.

La communauté internationale, elle, juge illégales toutes les implantations érigées en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qu’elles aient été autorisées ou non par le gouvernement israélien.