La Cour suprême israélienne a statué mardi que des colons juifs étaient les propriétaires légaux d’une maison de quatre étages très disputée, au cœur de la Vieille ville de Hébron, en Cisjordanie.

La décision met fin à près de sept années de procédures engagées par la famille Rajabi, les anciens propriétaires palestiniens dénonçant une fraude de la part des colons qui s’y sont installés pour plusieurs mois en 2007.

La maison se trouve près du Tombeau des Patriarches ou mosquée d’Ibrahim, un lieu saint vénéré par les juifs et les musulmans, dans l’enclave dite « zone H2 » qui est sous la protection de milliers de soldats israéliens.

Surnommé par certains « La maison du conflit » et par les colons « La maison de la paix », le bâtiment a été vendu en 2004, selon la cour, par ses propriétaires palestiniens à des colons par l’intermédiaire d' »un homme de paille non juif ».

En 2007, des colons se sont installés et les Palestiniens ont porté plainte, estimant que la tromperie invalidait la vente.

Les Palestiniens considèrent la vente d’une propriété à des colons juifs comme une trahison, aussi ces transactions se font-elles presque toujours en secret ou par l’intermédiaire d’agents, ce qui alimente un important contentieux devant les tribunaux israéliens.

Installés en 2007 dans cette maison, les colons avaient été délogés par l’armée israélienne en 2008 après une semaine de violences. Le rejet définitif de la plainte de la famille Rajabi confirme cependant que la maison leur appartient.

« Nous sommes heureux que la Cour ait confirmé cela. Nous attendons l’accord final du ministère de la Défense, qu’il fasse le nécessaire pour que nous puissions nous installer dans le bâtiment », a déclaré Neria Arnon, porte-parole des colons de Hébron.

La chef du parti de gauche Meretz, Zehava Galon, a cependant appelé le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, à ne pas laisser les colons s’installer dans la maison compte tenu des « graves ramifications sécuritaires et diplomatiques d’une telle démarche ».

« Il ne faut pas oublier qu’à Hébron, 500 Israéliens [extrémistes] rendent la vie impossible à 145 000 Palestiniens, avec le soutien de l’armée et de la police », a-t-elle insisté dans un communiqué.

Un porte-parole de M. Yaalon a déclaré que le ministre « étudiait le sujet »