La Cour suprême a infirmé la décision de la Commission centrale des élections et a validé les candidatures des politiciens extrémistes Baruch Marzel et Hanin Zoabi pour les élections législatives de mars 2015.

Marzel se présente pour le parti d’extrême droite Yachad et Zoabi fait partie de la Liste (arabe) unie.

La députée arabe israélienne Hanin Zoabi, l’une des figures politiques les plus controversées d’Israël, pourra bien se présenter aux législatives de mars, la Cour suprême ayant invalidé mercredi l’interdiction prononcée contre elle par la commission électorale.

La Cour suprême a également remis en selle un membre de la droite radicale israélienne, Baruch Marzel, lui aussi frappé d’interdiction la semaine passée par la commission électorale.

« Elle peut être candidate », a dit à l’AFP un porte-parole des cours israéliennes, à propos de Zoabi, qui avait été disqualifiée à l’instigation des partis Likoud (droite) et Yisrael Beitenou (droite ultra-nationaliste). Ces derniers l’accusent de défendre la lutte armée contre Israël et estiment qu’elle ne peut donc pas siéger au parlement.

La décision de la Cour suprême, prise par huit voix contre une selon l’avocat de la députée, n’est pas une surprise. La Cour avait déjà invalidé une semblable décision de la commission quand celle-ci avait disqualifié Zoabi avant les législatives de 2013 pour avoir « pris le parti des ennemis d’Israël » en participant à une tentative de briser le blocus de Gaza à bord du ferry turc Mavi Marmara en 2010.

Zoabi, 45 ans, est l’une des personnalités les plus attaquées de la politique israélienne. Députée depuis 2009, elle est considérée par ses adversaires comme une ennemie de l’intérieur car elle rejette l’idée d’Israël comme Etat juif et juge irréaliste une vision de deux Etats palestinien et israélien coexistant.

Zoabi, du parti Balad, est en 7ème position sur la liste que présentent les quatre principaux partis arabes israéliens. Ces derniers font pour la première fois liste commune aux législatives.

Représentant un Israélien sur cinq, les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948. Les partis arabes israéliens totalisent 12 sièges sur 120 dans la Knesset sortante.

Baruch Marzel, quant à lui, est l’un des héritiers idéologiques les plus médiatisés de Meir Kahane, un rabbin assassiné en 1990 et fondateur du mouvement raciste anti-arabe Kach, interdit en Israël. Son avocat assure que son client n’a jamais tenu les propos anti-arabes ou xénophobes qui lui ont été attribués, ou qu’ils ont été mal compris. Il dit aussi que Baruch Marzel a publiquement pris ses distances avec l’idéologie anti-arabe de Meir Kahane.

Dans les deux cas, les requêtes ont été déposées par des adversaires politiques de ces candidats, affirmant que les candidats en question ont violé la loi israélienne sur les élections – Marzel pour son racisme anti-arabe et Zoabi pour son soutien au Hamas et son opposition à reconnaître Israël comme étant l’Etat-nation du peuple juif.

Le parti de Zoabi salue la décision de la Cour

La Liste (arabe) unie salue la décision de la Cour suprême de laisser Zoabi se présenter aux élections législative.

« Ce n’est pas la première fois que les politiciens ont essayé de disqualifier les députés arabes pour des raisons raciste et politiques. Nous avons conscience que c’est cette atmosphère qui crée cette image de Zoabi qui est loin de la réalité », peut-ton lire dans un communiqué du parti.

Le dirigeant du parti Ayman Odeh a qualifié la requête contre Zoabi ainsi : « C’ une autre manière pour la droite d’essayer de pousser la population arabe hors de la Knesset et des sphères d’influence. »