La crise provoquée ces deux dernières semaines par la pénurie d’électricité dans la bande de Gaza, qui avait conduit des milliers de Gazaouis à manifester, semblait en voie de se résorber lundi grâce notamment à l’intervention du Qatar.

Depuis fin 2016, les Gazaouis ne reçoivent plus au mieux que quatre heures de courant par jour, sous l’effet conjugué d’une hausse de la demande causée par l’hiver et d’une querelle entre organisations palestiniennes. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, met aussi en cause Israël qui rejette toute responsabilité.

L’autorité de l’électricité de Gaza a déclaré lundi qu’elle fournirait de nouveau de l’électricité par intervalles de huit heures après un engagement du Qatar à verser rapidement plus de 11 millions d’euros à l’Autorité palestinienne pour résoudre le problème.

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani a fait cette annonce dimanche après une rencontre à Doha avec Ismail Haniyeh, le numéro deux du Hamas.

L'Emir du Qatar, le Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani (Crédit : Cia Pak/Nations unies)

L’Emir du Qatar, le Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani (Crédit : Cia Pak/Nations unies)

La compagnie d’électricité gérée par le Hamas a confirmé dimanche avoir reçu le premier des trois versements mensuels de 3,7 millions d’euros promis par le Qatar.

Interrogée par l’AFP, une porte-parole du COGAT, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, a confirmé, sans donner d’autres détails, des informations selon lesquelles 390 000 litres de carburant avaient été acheminés lundi dans la bande de Gaza, via Israël.

Depuis Ramallah, en Cisjordanie, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP) Rami Hamdallah a remercié les gouvernements du Qatar et de la Turquie pour leur aide lors d’une conférence de presse lundi.

Il a précisé que les détails d’un accord avec la Turquie pour la livraison de 15 000 tonnes de carburant industriel seraient bientôt finalisés.

Il a aussi critiqué certains membres du Hamas pour avoir orchestré « une campagne de diffamation et de désinformations » contre l’AP, qui siège à Ramallah.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l'Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l’Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

L’unique centrale électrique de la bande de Gaza a été confrontée à des pénuries de carburant en raison d’un différend avec l’Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, parti du président de l’AP Mahmoud Abbas.

Cette Autorité gère les achats de carburant en provenance d’Israël car les autorités israéliennes ne traitent pas directement avec le Hamas, le mouvement terroriste qui règne sur la bande de Gaza. La querelle entre la centrale (et donc le Hamas) d’une part et l’AP d’autre part porte sur des factures impayées et des taxes imposées par l’Autorité sur le combustible.

Les problèmes de trésorerie de l’autorité de l’électricité de Gaza rendent les paiements aléatoires.

Environ 70 % des foyers ne paient pas leurs factures d’électricité, soit parce qu’ils sont trop pauvres, soit parce que la collecte de l’argent est défaillante, selon l’ONU.

Par ailleurs, le Hamas a annoncé lundi avoir accepté de libérer les personnes arrêtées lors des manifestations de ces derniers jours contre la pénurie d’électricité.

Manifestation dans la bande de Gaza pour protester contre la pénurie d'électricité, le 12 janvier 2017 . (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Manifestation dans la bande de Gaza pour protester contre la pénurie d’électricité, le 12 janvier 2017 . (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Jeudi, des milliers de personnes s’étaient dirigées vers le siège local de la compagnie d’électricité, dans le nord du territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée et soumis aux blocus israélien et égyptien.

Les forces de sécurité avaient violemment dispersé les manifestants en tirant des coups de feu en l’air, et plusieurs journalistes ont été battus.