Le Comité international de la Croix-Rouge a signé un accord avec l’Autorité palestinienne pour financer partiellement les visites qu’effectuent les familles des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

L’accord de mercredi remplit l’une des revendications principales soumise par le millier de prisonniers palestiniens qui ont mené une grève de la faim au début de l’année.

Les prisonniers ont mis fin à 40 jours de grève de la fin au mois de mai, et exigeaient de meilleures conditions de détention. L’une de leurs demandes concernait l’autorisation de recevoir deux visites mensuelles au lieu d’une.

L’an dernier, le Comité international de la Croix-Rouge, qui organisait les visites, en a réduit le nombre, au motif que les fonds manquaient et que les familles ne manifestaient pas d’intérêts à ces visites.

Rima Kamal, un responsable du Comité a déclaré dans un e-mail adressé au Times of Israël en mai que l’AP s’était engagée à reprendre « la gestion et le financement » de la seconde visite familiale mensuelle.

Une Palestinienne pendant une manifestation demandant la libération de tous les prisonniers palestiniens détenus par Israël, devant les locaux de la Croix Rouge à Gaza, en septembre 2008. (Crédit : Wissam Nassar/Flash90

Mercredi, elle a indiqué que le Comité et l’AP ont signé « une lettre d’accord technique… selon laquelle le Comité international de la Croix-Rouge s’est engagé à fournir une assistance technique à l’AP et à aider à l’établissement d’un cadre qui donnerait des moyens d’actions à l’AP et lui permettrait de proposer ce service humanitaire essentiel ».

Cette assistance consiste en une formation des employés de l’AP, sur 6 mois, dispensée par le personnel du Comité international de la Croix-Rouge. Ces employés géreront les visites, avec l’aide de la Croix-Rouge en liaison avec les autorités israéliennes pour obtenir les permis nécessaires. « Si cela s’avère nécessaire », les employés du Comité international de la Croix-Rouge accompagneront les bus qui conduisent les membres de la famille des prisonniers, a expliqué Kamal.

« La responsabilité de faciliter les visites des détenus incarcés en Israël incombe en premier lieu à l’État d’Israël, en tant que puissance occupante », a-t-elle ajouté.

La nuit qui a marqué la fin de la grève de la faim, les autorités israéliennes ont rejeté les revendications négociées entre Israël et les détenues, menées pour mettre un terme au mouvement de masse, et ont déclaré que certaines des demandes des prisonniers avaient déjà été remplies.

Les responsables des services carcéraux avaient déclaré à la Deuxième chaîne à l’époque de la grève de la faim que Marwan Baghouti, meneur de cette grève, avait négocié la visite mensuelle supplémentaire dans une conversation téléphonique avec Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’AP.

Selon les responsables israéliens, Barghouti et d’autres détenus avaient accepté de mettre fin à la grève après que l’AP a promis de financer la visite supplémentaire. Cet effort est estimé à 6 millions de dollars par an.

Un homme avec une photo du terroriste palestinien condamné Marwan Barghouthi pour demander sa libération pendant une manifestation de soutien aux détenus en grève de la faim à Hébron, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

La grève de la faim avait été lancée par Barghouti, un terroriste du Fatah et personnalité politique, le 17 avril. Barghouti purge 5 peines de réclusion à perpétuité pour les meurtres commis durant la seconde Intifada.

Bien que les Palestiniens eussent spécifié que la grève était destinée améliorer les conditions carcérales, et à s’assurer qu’ils bénéficient des droits prévus par le droit international, les autorités israéliennes affirment que cette grève avait une vocation politique, dans le but de réhabiliter Barghouti, qui perdait de la puissance au sein du Fatah.

Bien que les droits de visites aient été l’une des principales revendications des grévistes, sur le terrain, les réductions du Comité international de la Croix-Rouge n’ont pas changé grand-chose.

Durant le premier semestre de l’année 2016, avant la mise en œuvre de la nouvelle politique de la Croix-Rouge, 6 542 détenus palestiniens ont reçu de la visite. Durant le second semestre, après que le nombre de visite a été réduit à une par mois, un total de 6 231 détenus palestiniens a reçu de la visite, soit 311 de moins.

Les proches des Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes ont déclaré qu’ils effectueraient davantage de visite si ce n’était pas si difficile. Les détenus avaient également demandé à être transférés dans des prisons de Cisjordanie, pour faciliter les visites.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.