Un descendant de Lord Arthur Balfour a expliqué au cours d’une visite en Israël que la déclaration qui porte le nom de son ancêtre, signée en 1917 en faveur d’un Etat juif, était essentiellement « humanitaire ».

C’est ce qu’a affirmé jeudi Roderick Balfour, le cinquième comte de Balfour, lors d’un événement organisé à Jérusalem pour célébrer les relations entre le Royaume-Uni et Israël et le centième anniversaire de la déclaration Balfour, dans laquelle le gouvernement britannique jurait d’aider à l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif en terre d’Israël, sans mettre en péril les droits des autres habitants de la zone.

Cette déclaration avait suivi plusieurs projets et des négociations extensives entre les dirigeants sionistes et les responsables britanniques, auxquelles avait notamment participé Arthur Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères de l’époque du Royaume-Uni. Mais elle n’avait pas établi si le Royaume-Uni percevrait favorablement la fondation d’un foyer juif en Palestine.

Ceci avait mené à un débat, qui a toujours court, visant à déterminer si la déclaration avait eu une portée humanitaire suite aux pogroms ayant eu lieu en Europe orientale, si elle avait été le résultat d’un calcul politique des Britanniques durant la Première Guerre mondiale ou si elle était l’expression d’une croyance, sur la base des écritures, que la terre d’Israël appartenait de fait au peuple juif.

Roderick Balfour (Crédit : autorisation)

Roderick Balfour (Crédit : autorisation)

Accordant sa faveur à la perspective humanitaire, Roderick Balfour a déclaré : « Je la considère vraiment comme un geste humanitaire dans le contexte de ce qu’il se passait à l’époque. » Il a cependant ajouté que, « en tant que lecteur de la Bible, il est axiomatique qu’il existe une connexion entre le peuple juif et la terre d’Israël. »

Egalement présent lors de cet événement, intitulé « De Balfour au Brexit », l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a répété son espoir de voir s’établir une coopération spéciale entre les pays arabes et Israël qui, en retour, faciliterait la signature d’un accord de paix avec les Palestiniens.

« Les changements dans la région créent de nouvelles alliances et de nouvelles opportunités, a dit Blair. Il y a des dirigeants arabes qui commencent à formuler leur vision de l’histoire, une vision qui n’implique pas de diabolisation d’Israël. »

David Dangoor, homme d’affaires et philanthrope juif britannique, a déclaré durant cet événement que les relations unissant le Royaume-Uni et Israël sont devenus particulièrement importantes et prometteuses suite au Brexit, quand le pays a voté l’année dernière la sortie du pays de l’Union européenne (UE).

Dangoor a inauguré le Centre Sir Naim Dangoor pour les relations entre le Royaume-Uni et Israël, un think tank qui dépendra du centre culturel Mishkenot Shaananim de Jérusalem.

Tzipi Livni, ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères, était elle aussi présente et a dit que malgré les désaccords entre Israël et le Royaume-Uni, l’Etat juif trouvait chez ce dernier « une meilleure compréhension de nos besoins sécuritaires » que chez les autres états membres de l’UE.