La délégation de sauvetage israélienne a été chaleureusement saluée par des applaudissements spontanés dans les rues d’une ville mexicaine vendredi. Les habitants voulaient ainsi montrer leur gratitude après les efforts de recherche des survivants de l’équipe après le tremblement de terre dévastateur de la semaine dernière.

Dans une vidéo diffusée par la Deuxième chaîne, des dizaines de personnes, dont certaines ont des drapeaux mexicains, applaudissent la délégation israélienne dans une ville touchée par le séisme.

Une délégation de 71 membres du Commandement de la Défense passive est arrivée jeudi au Mexique, 48 heures après un tremblement de terre de magnitude 7,1. Deux associations humanitaires israéliennes, IsraAID et iAID, ont elles aussi envoyé des bénévoles pour participer aux efforts de recherche et de sauvetage.

Les secouristes locaux ont indiqué que les équipes israéliennes étaient venues avec des équipements leur permettant de détecter les signaux émis par les téléphones portables sous les décombres.

Samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé avec le chef de la délégation israélienne, alors que le pays avait été frappé quelques heures auparavant par un troisième séisme depuis le début du mois.

Pendant son appel avec David Mizrachi, qui dirige la mission de l’armée israélienne, Netanyahu a souhaité une bonne année aux soldats – le Nouvel an juif, Rosh HaShana, a été fêté la semaine dernière – et a affirmé qu’ils réalisaient une « mitzvah », une bonne action, en participant aux efforts de recherche après le premier tremblement de terre de la semaine dernière, qui a fait plus de 300 morts.

« Vous faites briller la lumière d’Israël dans le monde, une grande lumière, a-t-il dit. C’est important d’un point de vue humanitaire, mais aussi pour montrer le vrai Israël. »

« Vous rendez fier l’Etat d’Israël », a-t-il ajouté.

Netanyahu s’est également entretenu avec l’ambassadeur israélien au Mexique, Yoni Peled. Mizrachi et Peled ont informé Netanyahu des progrès de l’équipe de secours israélienne.

Un homme sorti vivant des décombres après le séisme à Mexico, le 20 septembre 2017. (Crédit : Pedro Pardo/AFP)

Un homme sorti vivant des décombres après le séisme à Mexico, le 20 septembre 2017. (Crédit : Pedro Pardo/AFP)

Dans les rues de Mexico, c’est cependant un autre sauveteur qui remportait l’adhésion du plus grand nombre.

Son masque protecteur ajusté autour des yeux et ses bottes tout-terrain lui donnent une allure singulière, mais l’odorat de la chienne Frida est sans égal lorsqu’il s’agit de sonder une montagne de décombres en quête de signes de vie après le séisme qui a secoué Mexico.

Fer de lance de l’Unité canine de la Marine mexicaine, ce labrador couleur miel assume la délicate mission de mener les recherches dans les ruines de l’école Enrique Rebsamen, qui s’est effondrée dans le sud de la capitale au moment du tremblement de terre de mardi.

Une vingtaine d’enfants y ont péri et ne subsiste aujourd’hui qu’un maigre espoir de retrouver un éventuel survivant piégé par les blocs de béton.

Frida, chienne de secours de la Marine mexicaine, près des décombres de l'école Rebsamen de Mexico, le 22 septembre 2017. (Crédit : Omar Torres/AFP)

Frida, chienne de secours de la Marine mexicaine, près des décombres de l’école Rebsamen de Mexico, le 22 septembre 2017. (Crédit : Omar Torres/AFP)

Frida est devenue ces derniers jours la mascotte des secouristes et une véritable icône au Mexique, même si elle n’a encore retrouvé aucun survivant lors des recherches à Mexico ces derniers jours. Sa queue dressée est acclamée à chaque apparition, sur le terrain comme dans les médias et réseaux sociaux. Un habitant de Tamaulipas (nord-est) s’est même fait tatouer son portrait sur le bras.

« Frida est spécialiste de la détection de personnes vivantes dans des décombres », explique à l’AFP son maître-chien Israel Arauz. Dans sa carrière, qui compte notamment une intervention en Equateur après le séisme de l’année dernière, elle a déjà sauvé 12 vies.

Et lorsque Frida apparaît devant un détachement en arborant son harnais militaire, les soldats se bousculent pour la caresser, l’étreindre et prendre des photos.

« Elle nous donne de la joie, de la douceur et de l’espoir. Les civils la saluent et l’applaudissent dans la rue », confirme un soldat en frottant tendrement l’abdomen de Frida.

Frida, chienne de secours de la Marine mexicaine, avec son maître Israel Arauz Salinas, près des décombres de l'école Rebsamen de Mexico, le 22 septembre 2017. (Crédit : Omar Torres/AFP)

Frida, chienne de secours de la Marine mexicaine, avec son maître Israel Arauz Salinas, près des décombres de l’école Rebsamen de Mexico, le 22 septembre 2017. (Crédit : Omar Torres/AFP)

Frida devrait prendre sa retraite l’année prochaine, après avoir fêté ses huit ans, explique Marina, sous-officier de l’infanterie de Marine qui se dit « honorée de l’accompagner dans ces missions » de sauvetage.

La solidarité spontanée manifestée depuis quatre jours par les Mexicains a été saluée par de nombreux observateurs. Outre les dons de nourriture et médicaments, nombreux sont ceux venus prêter main forte aux sauveteurs, certains accompagnés de leurs chiens.

Jean Louis Zuniga, maître-chien amateur, a emmené sur les décombres un labrador, un border collie, un boxer et un pitbull. « Nous sommes venus aider la brigade de l’UNAM [Université nationale autonome de Mexico, ndlr] pour détecter et secourir des victimes », explique-t-il.

Dans ce séisme qui a fait près de 300 morts, ces compagnons à quatre pattes ont aussi payé un lourd tribut, en périssant dans des effondrements ou en se retrouvant privés de maître. Beaucoup ont été sauvés, parfois extraits des ruines à l’aide de cordes entrelacées.

Sauveteurs mexicains et israéliens (en vert olive) à Mexico, le 21 septembre 2017. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Sauveteurs mexicains et israéliens (en vert olive) à Mexico, le 21 septembre 2017. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Pour leur venir en aide, de nombreuses unités d’assistance gratuite pour animaux leur distribuent nourriture et médicament à travers la ville.

« Je suis désespérée, je recherche ma Candy », confie devant l’un de ces petits centres Cecilia Vega, une étudiante qui écume le quartier, photo en main, à la recherche du chihuahua dont elle a été séparée au moment du séisme.

A l’image de Cecilia, de nombreux habitants de Mexico ont perdu leurs animaux de compagnie, et beaucoup s’en remettent aux réseaux sociaux pour retrouver leur trace.

« Il s’appelle Precios et s’est perdu pendant le séisme. Il a des problèmes de respiration et est très craintif », indique une des annonces posées sur le compte Twitter @MascotasSismo, accompagnée de la photo du chien langue pendue.

« Enfin avec ses maîtres ! », se réjouit un autre post montrant un cliché de Brook, un Pitbull argenté, apportant une touche d’espoir dans la litanie de messages affligés.