Les partis de l’aile droite ont présenté une requête à la Commission centrale des élections jeudi visant à disqualifier la membre de la Knesset arabe israélienne, Hanin Zoabi, de se présenter aux élections en mars.

Zoabi a déjà été sanctionnée pour des déclarations faites dans le passé jugées dangereuses. Une interdiction de six mois l’empêchant de participer aux débats de la Knesset a pris fin jeudi.

Tous les partis de la Knesset sont tenus de soumettre leurs listes finales pour la Knesset jeudi à 22 heures au plus tard.

Dans un communiqué, le député Alex Miller d’Yisraël Beytenu et vice-président du comité des élections, a affirmé que l’interdiction Zoabi est en conformité avec la Loi fondamentale constitutionnelle : La Knesset peut disqualifier les candidats parlementaires qui rejettent Israël en tant qu’Etat juif, en tant qu’Etat démocratique ou qui fait l’apologie du terrorisme.

La requête a été soutenue par les partis Yisraël Beytenu, le Likud ainsi que le Shas, qui travaillent ensemble pour empêcher Zoabi de se présenter.

« Je suis ravi d’annoncer qu’un accord a été trouvé parmi les factions du camp nationaliste pour disqualifier la candidature de Zoabi, qui encore et encore, a tenu des propos contre l’armée israélienne et Israël, et qui exprime son soutien aux plus grands ennemis de l’Etat d’Israël », a déclaré Miller.

Zoabi, un membre du parti Balad qui se présente maintenant avec le parti arabe nouvellement unifié, est une critique virulente d’Israël. Elle s’est fait remarquer pour la première fois pour avoir participé à la flottille du Mavi Marmara à Gaza en 2010.

Plus récemment, elle a refusé de qualifier de « terroristes » les hommes qui ont enlevé trois adolescents israéliens en Cisjordanie et qui a entrainé une chaîne d’événements qui a abouti à la guerre de Gaza.

« Est-il étrange que les personnes vivant sous l’occupation et qui vivent une vie impossible, dans une situation où Israël kidnappe de nouveaux prisonniers chaque jour, est-il étrange qu’ils enlèvent ? Ils ne sont pas des terroristes », a-t-elle affirmé dans une interview à la radio après l’enlèvement des adolescents, avant que cela ne soit révélé qu’ils avaient été tués.

Elle a également été accusée d’incitation à la violence contre des policiers lors d’une manifestation arabe à Nazareth.

Les déclarations de Zoabi ont de manière prévisible rendues furieux de nombreux membres de la Knesset et la commission d’éthique de la Knesset lui a interdit de prendre la parole devant les commissions de la Knesset et à la Knesset pendant six mois.

Sa tentative d’avoir sa suspension annulée par la Haute Cour de justice a échoué. Le juge Salim Jubran, qui est l’actuel chef de la commission électorale, a déclaré à Haaretz à cette époque que les déclarations de Zoabi étaient « très difficiles ».

Dans la période qui a précédé les élections de 2013, le député Ofir Akunis du Likud avait essayé de disqualifier Zoabi de se présenter sur la base de sa participation à l’affaire du Maramara. La commission électorale avait accepté la demande d’Akunis et avait interdit à Zoabi de se présenter, mais la décision a été rapidement et unanimement infirmée par la Cour suprême.

Danny Danon du Likud a essayé de faire passer une nouvelle législation à la Knesset en février 2013 qui rendrait plus difficile à la Cour suprême d’annuler les décisions de la commission d’élection, mais cette loi a été invalidée.

Zoabi n’a pas pris la tentative de 2013 lui interdire de se présenter aux élections à la légère et a appelé les responsables de cette requête des « fascistes ».

Elle a répondu à la tentative la plus récente avec le même zèle, en affirmant que cela découlait du racisme « qui doit être qualifié de hors la loi » et a ajouté qu’elle ne daignera « répondre aux membres des partis de la Knesset touchés par la corruption, qui semble disparaître de la carte politique des prochaines élections ».

Zoabi fait allusion à une enquête de grande envergure, en cours contre plusieurs membres du Israël Beitenou ainsi que toute une série de fonctionnaires qui a vu le parti, dirigée par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, plonger dangereusement proche du seuil électoral dans les sondages récents.