La Dilcrah veut s’associer aux initiatives individuelles pour combattre l’antisémitisme
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La Dilcrah veut s’associer aux initiatives individuelles pour combattre l’antisémitisme

Après une nouvelle profanation de la stèle d'Ilan Halimi à Bagneux, Frédéric Potier affirme que l'institution obtient déjà des résultats dans la lutte contre l'antisémitisme

Journaliste Société-Reportage

Le préfet Frédéric Potier (d.) de la DILCRAH en octobre 2017 (Crédit: Dilcrah)
Le préfet Frédéric Potier (d.) de la DILCRAH en octobre 2017 (Crédit: Dilcrah)

Fréderic Potier, préfet délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), réagit à la récente profanation de la stèle érigée en mémoire d’Ilan Halimi à Bagneux.

Times of Israël : La nouvelle profanation de la stèle d’Ilan Halimi a provoqué en quelques heures une vague d’indignation nationale, au moins médiatique faudrait-il préciser. Cette réactivité vous semble-t-elle inédite ? Assiste-on à une prise de conscience de cet ‘antisémitisme du quotidien’ décrit pas plusieurs associations juives ?

Frédéric Potier: Oui, il y a eu heureusement beaucoup d’indignation et de colère, et pas seulement sur les réseaux sociaux. La photo d’Ilan Halimi a été largement partagée pour honorer sa mémoire.

Le Monde a consacré sa Une à ce sujet aujourd’hui [jeudi], comme l’avait fait il y a quelques semaines l’Express.

Ce [jeudi] matin, Nicolas Demorand a fait une chronique très touchante et très juste sur France Inter à une heure de très grande écoute.

Je crois qu’il y a eu une prise de conscience progressive dans notre pays que l’antisémitisme existe toujours et qu’il doit être combattu sans relâche avec détermination. L’antisémitisme est un discours de haine qui va à l’encontre de nos valeurs et qui doit concerner tous les citoyens.

Existent-ils des pistes de nouvelles réflexions pour endiguer ce racisme qui semble ancré dans une certaine culture populaire, comme une évidence d’autant plus difficile à déraciner ?

Il faut lutter contre les préjugés et les idées préconçues. Ce n’est pas facile. Il faut combattre le mal à la racine par l’éducation et la sensibilisation des plus jeunes. D’où la semaine de l’Education contre le racisme qui se déroule autour du 21 mars et qui est essentielle.

Les partenariats que nous avons montés également avec les grandes institutions mémorielles (Mémorial de la Shoah à Paris et Drancy, CERCIL à Orléans, Camp des milles à Aix) vont dans le même sens.

Nous avons lancé mardi dernier un appel à projets au niveau local via les préfets. Ce sont 2 millions d’euros qui sont fléchés en direction d’actions de terrain et de proximité.

Quelle est la stratégie du prochain plan pluriannuel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme ?

Le prochain plan triennal 2018-2020 est un concours d’élaboration. Nous avons à cette fin prévu une très large concertation avec la société civile et les associations qui luttent contre le racisme et l’antisémitisme. Comme l’a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe, il devra comporter un volet Internet très conséquent.

La DILCRAH obtient déjà des résultats comme l’attestent la fermeture de la chaîne YouTube de M.Ryssen ou les différentes condamnations contre les négationnistes acharnés.

Je souhaite que nous allions plus loin avec l’aide des associations et des internautes engagés sur ces sujets, qui sont très nombreux et dont l’aide est précieuse.

Plaque du jardin Ilan-Halimi, dans le 12e arrondissement de Paris. La plaque est fixée aux grilles, à l’entrée du 54 rue de Fécamp et son texte est le suivant : « Jardin Ilan Halimi / Jeune Parisien du XIIe arrondissement / Victime de l’antisémitisme / 1982-2006 » (Crédit : Poulpy/Wikimedia commons/CC.SY.BA 3.0)
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