L’Iran a, pour la première fois depuis 2008, apporté des informations répondant aux inquiétudes de la communauté internationale sur une possible dimension militaire de son programme nucléaire, selon un rapport consulté vendredi par l’AFP.

Téhéran a montré à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des informations sur des essais « pour une application civile » de détonateurs pouvant être utilisés pour une bombe atomique, selon le rapport trimestriel de l’agence spécialisée de l’ONU.

La République islamique continue donc de respecter ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale, contenus dans l’accord conclu fin 2013 à Genève entre l’Iran et les puissances du « 5+1 » (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Cet accord a ouvert la voie à des négociations qui, si elles aboutissent, apporteront des garanties solides sur la caractère uniquement pacifique de l’effort nucléaire de l’Iran, en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays.

Après de premiers succès, les négociateurs ont rencontré d’importantes difficultés la semaine dernière à Vienne. Mais le président iranien, Hassan Rouhani, a réaffirmé cette semaine depuis la Chine que les négociations allaient « très probablement » parvenir à une conclusion positive d’ici à l’échéance du 20 juillet.

La République islamique avait convenu d’aborder d’ici au 15 mai la question de ces détonateurs EBW.

Au cours de réunions techniques en avril et mi-mai, l’Iran a « fourni des informations et des explications, montrant notamment des documents », pour justifier ses besoins et l’application de ces détonateurs EBW, a expliqué le directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano.

« C’est la première fois depuis 2008 que l’Iran a engagé un échange technique avec l’agence sur cette question ou d’autres en relation avec la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien », a ajouté M. Amano, dans son rapport d’étape aux pays membres de l’AIEA.

L’AIEA cherche en particulier à obtenir des réponses de la part de Téhéran sur des preuves « crédibles », selon elle, que l’Iran a mené des recherches visant à fabriquer la bombe atomique avant 2003, et peut-être aussi au-delà de cette date.

La République islamique a toujours démenti ces allégations.

L’AIEA a également rapporté vendredi que l’Iran continuait de respecter son engagement de « diluer » son stock d’uranium enrichi à 20 %, et continue ainsi d’appliquer ses engagements de convertir complètement ce stock d’ici au 20 juillet.

Selon l’agence de l’ONU, il reste à convertir 38,4 kilos de cet uranium hautement enrichi.