La famille d’un soldat israélien qui a été jugé coupable d’homicide mercredi pour avoir tiré sur un attaquant palestinien neutralisé s’est effondrée en larmes pendant la lecture du verdict dans une salle d’audiences du siège de l’armée à Tel Aviv.

Les membres de la famille d’Elor Azaria auraient crié aux juges que la décision était « une honte ».

Le comportement d’Azaria a drastiquement changé pendant que la juge lisait le verdict.

Habillé de son uniforme militaire vert, il était entré souriant dans la salle, avec des membres de sa famille et ses partisans qui l’applaudissaient.

Mais lui et sa famille ont ensuite semblé secoués pendant que la juge parlait, sa mère et son frère dans les bras l’un de l’autre.

Après le verdict, sa mère, Oshra, a crié « vous devriez avoir honte de vous-mêmes. »

Le père d’Azaria, Charlie, a déclaré après le jugement que « la cour a accepté la version de B’Tselem », une référence à l’association qui a publié la vidéo montrant Azaria tirer sur le terroriste, Abdel Fattah al-Sharif, presque 15 minutes après que ce dernier avait déjà été grièvement blessé par balles pendant qu’il tentait de poignarder un soldat israélien à Hébron le 24 mars.

Les avocats de la défense d'Elor Azaria, qui a été jugé coupable d'homicide pour avoir tiré sur un terroriste palestinien déjà neutralisé à Hébron, s'adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les avocats de la défense d’Elor Azaria, qui a été jugé coupable d’homicide pour avoir tiré sur un terroriste palestinien déjà neutralisé à Hébron, s’adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un jury de trois juges a prononcé un verdict anonyme contre Azaria, 19 ans, au siège de l’armée israélienne, la Kirya, un changement de lieu par rapport à l’habituelle cour militaire de Jaffa, dans le sud de la ville. La juge colonel Maya Heller a passé près de trois heures à lire l’explication de la décision de la cour avant de prononcer le verdict final.

Sharon Gal, ancien député qui est le porte-parole de la famille Azaria, a déclaré aux journalistes que « c’était comme si la cour était détachée du fait que c’était la zone d’une attaque. J’ai le sentiment que la cour a pris le couteau sur le sol et a poignardé le dos de tous les soldats. »

Il n’existe pas de peine minimale pour un homicide, et la peine maximale est de 20 ans de prison. Azaria connaitra sa peine dans quelques semaines. Plusieurs députés de droite et de gauche ont demandé que le soldat soit gracié.

Manifestations de soutien à Elor Azaria, soldat israélien jugé coupable d'homicide, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

Manifestations de soutien à Elor Azaria, soldat israélien jugé coupable d’homicide, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

Azaria avait été filmé en train de tirer sur Sharif le 24 mars 2016. La vidéo, qui a été diffusée sur internet peu après l’incident par l’ONG de gauche B’Tselem, avait déclenché un vif débat en Israël sur la discipline et l’éthique militaire, dans un contexte d’attaques terroristes palestiniennes quasi quotidiennes.

Les procureurs militaires avaient d’abord cherché à accuser Azaria de meurtre, mais la difficulté à prouver l’intention du soldat avait entraîné une inculpation moins lourde pour homicide. Selon les procureurs, les actes d’Azaria contreviennent explicitement aux règles d’engagement de l’armée israélienne, qui stipulent, en accord avec la loi israélienne, que la force létale ne peut pas être utilisée une fois que l’attaquant ne pose plus de menace immédiate.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.