Stockholm (AFP) – La famille de Raoul Wallenberg envisage de s’adresser directement au président russe Vladimir Poutine cette semaine pour lui demander de l’aider pour élucider les circonstances de la disparition du diplomate suédois qui a sauvé des Juifs hongrois pendant la Seconde guerre mondiale.

La nièce de Raoul Wallenberg, Louise von Dardel va se rendre à Bruxelles lundi, porteuse d’une lettre adressée à Poutine lui demandant un accès à des documents cruciaux qui se trouveraient encore dans des archives en Russie.

Raoul Wallenberg, en poste à Budapest, avait permis à des dizaines de milliers de Juifs hongrois d’échapper à l’occupant nazi en 1944 et 1945, en les cachant ou en leur fournissant des papiers suédois.

L’Etat d’Israël et le Mémorial de Yad Vashem lui avait décerné le titre de Juste parmi les nations ainsi que celui de citoyen d’honneur. Mais, la liste de ses titres honorifiques ne s’arrête pas là puisqu’en 1981, les Etats-Unis lui donnent le statut de citoyen d’honneur – seconde personne après Winston Churchill à en avoir bénéficié.

Le Canada et la Hongrie ont suivi l’exemple américain. De plus, de nombreuses rues portent son nom, ainsi que des parcs et des institutions dans le monde entier.

Panneau de la rue Raoul Wallenberg à Jérusalem. L'inscription en hébreu : "diplomate suédois, l'un des Justes parmi les nations, qui a sauvé des dizaines de milliers de Juifs hongrois durant l'Holocauste." (Crédit : Yoninah CC BY-SA 3.0 - Wikimedia commons)

Panneau de la rue Raoul Wallenberg à Jérusalem.
L’inscription en hébreu : « diplomate suédois, l’un des Justes parmi les nations, qui a sauvé des dizaines de milliers de Juifs hongrois durant l’Holocauste. » (Crédit : Yoninah CC BY-SA 3.0 – Wikimedia commons)

Il a été arrêté par les forces soviétiques en Hongrie le 17 janvier 1945 et a disparu depuis. Malgré les demandes insistantes de sa famille, les circonstances de cette disparition n’ont jamais été élucidées.

Sa famille et des chercheurs indépendants, qui ont tenté depuis de découvrir ce qui lui était arrivé, ont découvert quelques indices, mais n’ont jamais pu réussir à percer le mystère. La lettre déclare au président Poutine : « La fin de ce long calvaire ne dépend que de vous ».

« En agissant ainsi, vous enverriez un important signal au monde selon lequel la justice peut et va prévaloir, quelque soit le temps que cela prend », ajoute la missive.

Poutine sera à Bruxelles au début de la semaine pour un sommet entre la Russie et l’Union européenne.

Louise Von Dardel, âgée de 63 ans, habite à Genève, et s’est déclarée optimiste sur le fait que la lettre ferait la différence en dépit de l’intransigeance des Soviétiques et des Russes dans le passé.

« Je n’irai pas [à Bruxelles] si je ne pensais pas qu’il y avait une chance », a-t-elle déclaré. « Cela fait 70 ans que cela dure. Peut-être n’est-il pas utile [pour le gouvernement russe] de garder ce secret plus longtemps ».

La version officielle soviétique, que la Russie estime toujours valable, est que le Suédois est mort d’une crise cardiaque le 17 juillet 1947 en détention à Moscou. Mais des témoins de l’époque affirme l’avoir vu vivant. Tandis que, certains historiens estiment que Wallenberg a été exécuté.

Mais la validité des preuves inspire des doutes à plusieurs historiens, dont ceux qui ont découvert des documents prouvant que le KGB et son successeur russe le FSB, avaient fait obstruction à toute enquête.