Près de deux décennies après l’assassinat à bout portant du Premier ministre Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995, la famille de Yigal Amir n’exprime aucun regret sur ​​son assassinat et ses conséquences pour chacun d’entre eux.

Mais le principal complice de Yigal Amir, son frère aîné Hagai Amir, semble avoir fait volte-face en termes de politique et de vision du monde, selon un reportage de la Deuxième chaîne vendredi.

Alors que les frères Amir ont toujours soutenu avoir comploté l’assassinat de Rabin pour mettre fin au processus de paix entre le gouvernement israélien et les Palestiniens, Hagai affirme aujourd’hui qu’une solution à deux Etats doit être poursuivie.

Et si Hagai prétend ne pas regretter l’assassinat qu’il « fallait faire », et affirme qu’il aurait fait deux ans plus tôt s’il avait pu, il a récemment étonné ses adeptes sur les médias sociaux avec des messages semblant soutenir une solution à deux Etats et le droit au retour des Palestiniens, pomme de discorde entre les négociateurs israéliens et palestiniens.

Pour Hagai, l’assassinat a mis fin aux pourparlers de paix et « donné au peuple d’Israël le droit de choisir [la voie à suivre] ».

Pendant la guerre de 50 jours de cet été entre Israël et les groupes terroristes basés à Gaza, Hagai a publié un statut sur ​​Facebook disant que le Hamas n’était pas plus amoral que l’armée israélienne et a exprimé sa tristesse devant la mort d’enfants palestiniens à Gaza.

« Cette [opération Bordure protectrice] était une campagne de vengeance organisée pour les meurtres des trois adolescents israéliens, » a-t-il dit, se référant aux enlèvements et meurtres de Gilad Shaar, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrach en juin.

« Les gens voulaient du sang et ils ont eu du sang », a-t-il ajouté.

Hagai a été libéré il y a plus de deux ans, après 16 ans de prison, dont plusieurs années dans l’isoloir. Aujourd’hui âgé de 46 ans, il ne s’est jamais marié et vit avec ses parents à Herzliya.

La femme de Yigal Amir, Larissa Trembovler, qu’il a épousée il y a dix ans, a également affirmé qu’elle n’avait aucun regret et qu’elle attendait que son mari rentre à la maison.

« Je ne l’ai jamais regretté de l’avoir épousé, pas même un instant. Je l’aime, il m’aime, nous avons un enfant ensemble », a-t-elle confié à la Deuxième chaîne. « Je l’attends ».

L’assassin de Rabin, quant à lui, a de grands espoirs d’être gracié et libéré, ce qui n’est pas irréaliste, selon son avocat, Ari Shamai, interviewé dans le reportage télévisé.

« Cet espoir [d’être libéré] est pas démesuré », a déclaré Shamai.

L’année dernière, l’ancien président Shimon Peres a déclaré que Yigal Amir devait servir la totalité de sa peine. « Le meurtrier ne sera jamais pardonné », a-t-il dit. « Il ne sera jamais pardonné. »

Yigal Amir, 44 ans, purge une peine à perpétuité pour l’assassinat de Rabin dans un isoloir.

Rabin était chef d’état-major au cours de la guerre des Six-Jours en 1967. Il a ensuite été ambassadeur aux Etats-Unis, ministre de la Défense et deux fois Premier ministre.

En 1994, il a reçu le prix Nobel de la paix avec le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Shimon Peres, et Yasser Arafat, président de l’OLP, pour son rôle dans la signature des accords de paix d’Oslo un an plus tôt.

L’année dernière, plus de 30 000 personnes se sont rassemblées à Tel Aviv pour le principal événement commémoratif de l’assassinat.

La cérémonie a eu lieu sur la place où Rabin a été abattu. Initialement appelée Place des rois d’Israël, elle a été rebaptisée Place Rabin après l’assassinat.