La famille d’un Bédouin israélien retenu par le Hamas à Gaza a affirmé qu’il ne craignait pas pour la sécurité de leur fils et qu’ils utilisaient les services des dignitaires des deux côtés pour s’assurer sa libération.

Le nom du Bédouin de 28 ans de la ville de Hura n’a pas été révélé en raison d’une ordonnance d’obligation de silence imposée sur cette information à la demande de la famille, même si l’information n’était plus soumise à l’obligation de silence depuis la semaine dernière.

Son père a indiqué à l’agence de presse Maan lundi que depuis sa disparition en avril dernier et jusqu’à la semaine dernière, le gouvernement israélien ne lui a donné aucune précision sur la localisation de leur fils.

« Depuis qu’on a perdu contact avec notre fils, nous avions pensé qu’il était en Cisjordanie ou qu’il avait été emmené en Egypte », a déclaré le père. « Depuis mercredi dernier, quand l’ordonnance de silence a été levée, la police israélienne s’est tournée vers nous et nous a dit que notre fils pourrait être détenu par le Hamas ».

Les circonstances entourant la disparition de l’homme restent encore vagues mais les quelques détails qui ont été jusqu’ici divulgués révèlent une affaire étonnamment similaire à la disparition de Avraham Abera Mengistu, un Israélien d’origine éthiopienne qui serait entré de son plein gré dans la bande de Gaza il y a 10 mois et qui serait aussi détenu par le Hamas.

Même s’il a été révélé que les deux hommes auraient des problèmes psychologiques, la famille du Bédouin semble être persuadée qu’il se porte bien en raison de son identité arabe.

Le frère de Avraham Mengistu s'adressant aux médias à leur domicile à Ashkelon, après que l'ordonnance d'obligation de silence sur la disparition de Mengistu dans la bande de Gaza a été levée le 8 juillet 2015 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le frère de Avraham Mengistu s’adressant aux médias à leur domicile à Ashkelon, après que l’ordonnance d’obligation de silence sur la disparition de Mengistu dans la bande de Gaza a été levée le 8 juillet 2015 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

« Avec tout le respect que je leur dois, nous n’avons pas affaire à un soldat israélien mais à un homme arabe musulman du Néguev bédouin », a souligné un membre de la famille à Maan. « Tout mal qui lui serait fait pourrait nuire au prestige du Hamas dans le Néguev, surtout si l’on tient compte du fait qu’il souffre de problèmes mentaux depuis l’âge de 17 ans ».

« En ce qui concerne ses parents, ils préfèreraient qu’il reste à Gaza et qu’il se marie même là-bas », est même jusqu’à aller dire un autre membre de la famille.

Le gouvernement israélien a fait face à des critiques pour sa réaction tardive à la disparition des deux hommes et pour s’être montré insensible envers la famille Mengistu.

Mais la famille du disparu bédouin semble attendre peu de choses du gouvernement israélien, préférant faire face à la disparition de leur fils par le biais des connexions tribales locales.

« Quand la famille a découvert qu’il serait avec le Hamas, nous avons commencé à appeler des dignitaires dans la bande de Gaza », a déclaré un membre de la famille. « L’un d’eux nous a dit en plaisantant : ‘la plupart des habitants de Gaza veulent partir, alors que cette personne folle est la seule prête à vivre ici ».

Un responsable du conseil de Hura a précisé à Maan que l’homme s’est échappé de sa maison à de nombreuses reprises par le passé. Sa communauté l’a ramené de Gaza deux fois auparavant, mais aussi de la Jordanie, de l’Egypte et de Cisjordanie.

Pour sa part, le Hamas garde le silence au sujet du sort des deux Israéliens. Mardi, un responsable du mouvement au Liban a refusé de confirmé si oui ou non ils étaient retenus par le Hamas mais a sous-entendu qu’ils avaient les dépouilles des soldats tués pendant l’opération Bordure protectrice ».

« Le silence entretenu par le mouvement a obligé l’occupation à commencer à reconnaitre ses pertes humaines avec précision », a déclaré Osama Hamdan, le directeur des relations externes du Hamas, au site Web du mouvement, al-Resalah. « Le mouvement ne commentera pas sur cette question avant qu’Israël révèle le nombre des soldats disparus.

Hamdan a affirmé que le Hamas refuse de lier la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu conclu avec Israël l’été dernier avec un futur échange de prisonniers, un lien sur lequel Israël insiste.