La famille d’un commandant de la branche militaire du Hamas qui a été exécuté par le groupe terroriste a dénoncé l’assassinat comme une « trahison » et a déclaré qu’il avait été causé par un problème « personnel ».

Dans une lettre ouverte adressée au dirigeant politique du Hamas, Khaled Meshaal, les membres de la famille de Mahmud Eshtawi « accusent des personnes d’influence au sein du Hamas et des brigades [Izz al-Din] al-Qassam d’être responsables de la mort de leurs fils, à cause de différends personnels », a annoncé lundi le journal palestinien Al-Quds.

La mère d’Eshtawi a également envoyé à Maeshaal et au commandant militaire du Hamas, Mohammed Deif, une vidéo plaidant pour la vie de son fils, selon Al-Quds.

Des sources ayant connaissance de l’affaire ont décrit Eshtawi comme un haut commandant de terrain pour le Hamas, et ont déclaré qu’il avait été exécuté après des accusations d’espionnage au profit d’Israël.

Des sites internet liés au groupe palestinien rival du Hamas, le Fatah, avaient dans le passé affirmé qu’Eshtawi avait mené Israël à l’endroit où se cachait Deif pendant la guerre de 2014 à Gaza, entraînant une tentative ratée d’assassinat de Deif, selon la radio publique israélienne.

« Les brigades al-Qassam annoncent que la peine de mort a été prononcée contre son membre Mahmud Eshtawi et a été appliquée aujourd’hui à 16h00 », a déclaré dimanche dans un communiqué la branche armée du Hamas.

La famille Eshtawi a déclaré aux médias qu’ils avaient supplié pour la libération de leurs fils, qui était détenu par le Hamas depuis un an, et continuaient de recevoir des « promesses vides » de sa libération. Ils ont déclaré que même deux heures avant son exécution, ils avaient frénétiquement rencontré des personnes haut placées du Hamas qui leur avait assuré qu’une solution à ce problème serait bientôt trouvée.

Ils ont également déclaré avoir reçu une lettre de leur fils avant son exécution, dans laquelle il dit avoir été torturé et forcé à avouer des actes qu’il n’avait pas commis.

Dans la lettre à Meshaal, la famille Eshtawi a également souligné le rôle de leur fils dans d’importantes missions jihadistes comme la construction des tunnels, et la « célèbre » attaque contre Nahal Oz dans laquelle des hommes armés du Hamas ont émergé d’un tunnel, infiltré un poste militaire israélien et tué cinq soldats.

Une vidéo de l’attaque filmée par l’un des hommes armés a été largement diffusée par des médias arabes et palestiniens.

Capture d'écran de la vidéo montrant les hommes armés du Hamas s'infiltrer dans une base militaire en Israël, près du kibboutz Nahal Oz, le 28 juillet 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Capture d’écran de la vidéo montrant les hommes armés du Hamas s’infiltrer dans une base militaire en Israël, près du kibboutz Nahal Oz, le 28 juillet 2014. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Des exécutions ont déjà eu lieu dans la bande de Gaza, y compris en place publique, mais il semble que ce soit la première fois que les brigades al-Qassam elles-mêmes condamnent l’un de ses membres par une cour martiale et l’exécutent.

Le communiqué annonçant la mort d’Eshtawi n’a pas fourni de précisions sur les accusations retenues contre lui, se contentant de dire que « le comité juridique islamique et militaire des brigades a délivré cette peine parce qu’il avait violé le règlement et l’éthique ».

La famille d’Eshtawi n’est pas la seule à critiquer l’exécution, des voix dissidentes se faisant entendre au sein du groupe même. Un commandant du Hamas, Youssef Fahran, a écrit lundi matin sur son compte Facebook à propos de l’exécution que « les récentes actions des brigades al-Qassam déforment l’image du jihad ».

« De quel droit exécutent-ils des personnes ? Sont-ils le gouvernement ? Où sont les autorités légales ? Où sont les juges ? », a-t-il demandé.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.