TUNIS, Tunisie – la famille d’un Tunisien assassiné décrit par le groupe terroriste palestinien du Hamas comme l’un de ses membres de longue date a appelé les autorités vendredi à diffuser les détails de l’enquête sur son meurtre.

Mohamed Zouari, ingénieur de 49 ans, était selon le Hamas une personnalité importante spécialisée dans le développement de drones. Le groupe terroriste avait fait savoir qu’il travaillait à ses côtés depuis une décennie.

Il avait été abattu d’une vingtaine de balles au volant de sa voiture le 15 décembre 2016 dans le centre de la Tunisie et le Hamas avait à l’époque attribué la responsabilité de cet assassinat à Israël.

Jeudi, il a indiqué que des espions israéliens avaient utilisé des passeports bosniaques pour pénétrer sur le territoire tunisien et tuer Zaouari, qui était également détenteur de la citoyenneté belge.

Sa veuve, Majda Saleh, a critiqué vendredi les autorités pour leur « grand silence » sur la mort de son époux.

« Je veux que justice soit faite pour Mohamed Zouari », a-t-elle dit au micro de la station de radio Mosaïque FM.

« Nous savons qu’Israël est derrière cet assassinat mais des parties précises sont également impliquées », a-t-elle ajouté. « Qui sont-elles ? »

« J’espère que le gouvernement tunisien ne fermera pas le dossier de Zouari et qu’il reprendra l’enquête », a dit Saleh, qui est syrienne mais qui a demandé la citoyenneté tunisienne.

Contactées par l’AFP, les autorités tunisiennes n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, pendant une cérémonie d’hommage à Mohamed Zouari, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le frère de Zouari, Radhouene, a expliqué que les autorités semblaient « compter sur le temps qui passe pour que l’opinion publique oublie cette affaire ».

« Nous avons une série de questions… Nous aimerions que quelqu’un au ministère de l’Intérieur y réponde », a-t-il déclaré à la même station de radio.

Le gouvernement a indiqué que « des éléments étrangers » étaient impliqués dans le meurtre de Zouari survenu dans la deuxième ville de Tunisie, Sfax, le 15 décembre dernier.

Le Hamas, dont Israël a éliminé plusieurs figures par le passé, avait immédiatement accusé l’Etat hébreu de l’avoir tué.

Sans préciser comment il a recueilli ses informations, le mouvement a affirmé jeudi dans un communiqué qu’un certain nombre d’agents du Mossad, les services secrets israéliens, avaient opéré en Tunisie pendant plusieurs mois et s’étaient rapprochés de Mohamed Zouari en se faisant passer pour des journalistes étrangers.

Des éléments qui « ne sont pas nouveaux », a jugé sa famille en Tunisie vendredi.

Israël a déjà été critiqué après que ses agents ont prétendument utilisé des passeports britanniques, irlandais, australiens et autres pour assassiner un leader du Hamas aux Emirats arabes unis en 2010.

Israël n’a pas encore commenté ces accusations. Toutefois, peu après le meurtre, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait insinué que Zouari était loin d’être innocent.

« Si quelqu’un a été tué en Tunisie, il ne s’agit probablement pas d’un militant de la paix ou d’un candidat au prix Nobel », avait commenté Liberman.

« Nous continuerons à faire de notre mieux ce que nous savons faire – à savoir protéger nos intérêts », avait vaguement ajouté Liberman.

Le Hamas, qui a pris le contrôle de Gaza en 2007, cherche la destruction d’Israël.