La famille d’un soldat mort au combat dont la dépouille est retenue par le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza a lancé dimanche une campagne appelant le gouvernement à changer de tactique et à accroître sa pression sur le Hamas.

Cette campagne survient dans un contexte d’informations rapportées par les médias faisant état de progrès dans les négociations entre Israël et le Hamas, via des intermédiaires égyptiens, visant à trouver un accord dans le cadre d’un échange de prisonniers. Les deux parties ont, quant à elles, minimisé l’ampleur des progrès réalisés.

Un clip vidéo de 2 minutes 40, intitulé « changer l’équation », explique l’objectif poursuivi par le Projet courage, qui réclame un changement de politique dans le but de garantir le retour de deux soldats israéliens, Oron Shaul et Hadar Goldin, qui auraient été tués durant la guerre de 2014 à Gaza et dont les dépouilles auraient été conservées par les dirigeants du Hamas dans la bande.

De plus, trois civils israéliens seraient entrés à Gaza et se trouveraient entre les mains du Hamas.

Il s’agit d’Avraham Abera Mengistu, Juif israélien d’origine éthiopienne, et de deux Bédouins musulmans, Hisham al-Sayed et Juma Ibrahim Abu Ghanima.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

La vidéo sous forme de dessin animé commence par une discussion sur deux approches possibles de négociation avec le Hamas, dont aucune des deux n’a permis le retour des soldats portés disparus : la puissance militaire, comme l’avait prôné le ministre de la Défense Avigdor Liberman avant les dernières élections – il l’a beaucoup moins fait depuis lors – qui n’est pas une option réaliste dans la mesure où Israël éviterait plutôt la perspective d’une guerre, ou bien accepter le point de vue du Hamas, qui réclame la libération de centaines de détenus palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en échange des Israéliens portés disparus.

De toute manière, affirme la vidéo, aucun progrès n’a été réalisé. Une alternative, suggère un narrateur, est de « changer l’équation » de telle façon que le Hamas ne puisse plus considérer les soldats tombés au combat et qui sont entre leurs mains comme un élément de chantage précieux, mais plutôt coûteux.

La pression, affirme la campagne, peut être exercée en supprimant les avantages accordés au Hamas tels que les visites effectuées par les familles de Gaza aux prisonniers détenus en Israël, les services médicaux fournis par l’Etat juif aux Palestiniens de la bande et les convois quotidiens de centaines de camions en moyenne qui approvisionnent l’enclave palestinienne.

Selon la vidéo, le gouvernement a en théorie déjà adopté la politique mais ne l’a jamais mise en oeuvre.

La vidéo s’achève par un appel personnel lancé par Tzur Goldin, le frère de Hadar, à l’attention de l’opinion publique, lui demandant de soutenir le Projet courage et d’encourager le gouvernement à modifier son approche.

Leah, à gauche, et Simcha Goldin, parents de feu le soldat israélien Hadar Goldin lors d'une rencontre de commission de la Knesset le 1er février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Leah, à gauche, et Simcha Goldin, parents du soldat décédé israélien Hadar Goldin lors d’une rencontre de commission de la Knesset le 1er février 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

S’exprimant lundi au micro de la radio militaire, Simcha Goldin, le père de Hadar Goldin, a expliqué pourquoi il avait eu le sentiment que cette campagne était nécessaire.

« Il y a une forte pression internationale sur le Hamas », a dit Goldin. « La seule entité qui ne met pas de pression, c’est Israël. Nous continuons à envoyer des camions d’approvisionnement. Le Premier ministre a dit que si nous touchons à l’électricité à Gaza, il y aurait des mortiers. Nous avons coupé l’électricité – des mortiers ont-ils été tirés ? »

Goldin se référait à la crise d’électricité en cours à Gaza, qui se trouve sous le contrôle du Hamas depuis un coup d’état sanglant ayant mis un terme à la gouvernance de l’Autorité palestinienne dans la bande dominée par le parti du Fatah, en 2007.

Dans le cadre de la rivalité interne palestinienne entre le Fatah et le Hamas, l’AP a demandé à Israël de cesser de fournir l’électricité que ne payait pas le Hamas pour mettre davantage de pression sur les dirigeants de Gaza. Israël a donné son accord, même si l’Egypte a décidé de livrer du carburant par camion dans l’enclave, ce qui a permis de remettre en état de fonctionnement la centrale électrique de la bande.

Dans la matinée de lundi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a répété qu’il démentait qu’Israël puisse se trouver en pourparlers avec le Hamas concernant le retour des corps des deux soldats israéliens. Mais, a-t-il ajouté, des efforts non-spécifiés visant à faire revenir les dépouilles en Israël sont « incessants ».

« Il n’y a pas de percée, point barre », a-t-il indiqué, contestant les informations.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett a fait savoir pour sa part qu’il s’opposerait à la libération de prisonniers du Hamas en échange des dépouilles des deux soldats.