Nimer Mahmoud Ahmad Jamal, le Palestinien de 37 ans, qui a assassiné 3 Israéliens et grièvement blessé un quatrième homme à l’entrée de l’implantation de Har Adar, en périphérie de Jérusalem mardi matin, venait d’être quitté par sa femme, probablement à cause de la violence conjugale qu’elle subissait.

Il lui a laissé un dernier message avant de commettre son attaque. Jamal, originaire du village voisin de Bayt Surik, était père de 4 enfants, et détenait un permis de travail pour exercer dans les implantations israéliennes. Il dénote du profil classique des assaillants palestiniens, qui sont généralement de jeunes gens célibataires.

Dans l’ultime message adressé à sa femme, qui a été diffusé après l’attentat par l’armée israélienne, Jamas, qui a travaillé comme homme d’entretien à Har Adar pendant des années, a fait le deuil de son départ, et a déclaré avoir été un mauvais époux.

« Quand tu te réveilles le matin, partage ce message sur ma page. Repose ta conscience. Tu as été une bonne épouse, Umm Baha, et une mère dévouée, et c’est moi qui me suis mal comporté », a-t-il écrit.

Message privé envoyé la veille de l'attentat par le terroriste de Har Adar, Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, à son épouse qui l'avait quitté. Capture d'écran publiée par l'armée le 26 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Message privé envoyé la veille de l’attentat par le terroriste de Har Adar, Nimer Mahmoud Ahmed Jamal, à son épouse qui l’avait quittée. Capture d’écran publiée par l’armée le 26 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Il a ajouté : « Je le dis en toute conscience : ma femme n’a rien à voir avec ce qui se passera demain ».

Il a conclu en lui demandant pardon, et en l’implorant d’élever leurs enfants.

Les services de sécurité israéliens du Shin Bet ont indiqué que la femme de Jamal a fui vers la Jordanie il y a quelques semaines.

« L’enquête préliminaire indique qu’il avait des problèmes personnels et familiaux, notamment concernant la violence domestique. Sa femme s’est enfuie en Jordanie il y a quelques semaines, et l’a laissée avec leurs enfants », précise le communiqué.

Quelques heures avant l’attentat, Jamal a écrit, dans une publication Facebook « Oh Dieu ! ». Sa dernière publication consistait en une unique lettre, la lettre z en arabe.

Capture d'écran d'une publication Facebook de Nimr Mahmoud Ahmed Jamal, auteur de l'attentat de Har Adar, le 26 septembre 2017. (Capture d'écran)

Capture d’écran d’une publication Facebook de Nimr Mahmoud Ahmed Jamal, auteur de l’attentat de Har Adar, le 26 septembre 2017. (Capture d’écran)

La nuit qui a précédé l’attentat, il a publié une photo de lui pendant une séance de gym, et a écrit : « Je ne crains rien. Ô Dieu. J’atteste qu’il n’y a d’autre Dieu que Dieu », en référence à une phrase fondamentale souvent répétée dans les prières islamiques.

La police a déclaré que Jamal était titulaire d’un permis de travail valide, ce qui fait de lui l’un des rares Palestiniens titulaires de ce genre de documents à être à l’origine d’attentats ces dernières années. Son permis ne l’autorisait à travailler que dans les implantations israéliennes comme Har Adar, qui se situe sur la « fine frontière » entre la Cisjordanie et Israël, selon le Shin Bet.

Michal Avidor, résidente d’Har Adar, a raconté que Jamal a nettoyé sa maison pendant 2 ans et demi, et l’a décrit comme quelqu’un de « complètement normal » et de « bon par nature ».

Elle a confié à la radio israélienne qu’elle était « en route pour l’école, pour dire à ses enfants que l’homme qui nettoie notre maison depuis deux ans et demi était le terroriste ».

Sur les lieux de l’attentat, interrogé sur la rareté des attentats commis par des détenteurs de permis de travail israéliens, Roni Alsheich a déclaré : « À mon grand regret, il n’y a pas de profil [classique] pour un terroriste ».

« Il peut simplement s’agir de quelqu’un qui en a ras le bol de tout, et qui décide d’exprimer sa colère dans un attentat », a-t-il dit, avant d’ajouter : « l’incitation [contre Israël] est constante ».

Le Hamas attire l’attention sur l’attentat, qu’il attribue à « l’Intifada de Jérusalem »

Bien que l’attaquant n’ait pas clairement défini de mobile pour cette fusillade, le groupe terroriste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a salué l’attentat, l’associant à la lutte pour le contrôle de Jérusalem.

Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, a déclaré dans un communiqué : « Une fois de plus, Jérusalem a prouvé qu’elle était au cœur du conflit de l’occupation, et qu’il n’y a aucun moyen de la sortir de l’équation de ce conflit ».

Des enfants palestiniens saluent les combattants des brigades Ezzedine al-Qassam, l'aile armée du groupe terroriste du Hamas dans les rues de la ville de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 juillet 2017 (Crédit : SAID KHATIB/AFP PHOTO)

Des enfants palestiniens saluent les combattants des brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du groupe terroriste du Hamas dans les rues de la ville de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 juillet 2017 (Crédit : SAID KHATIB/AFP PHOTO)

« L’opération de ce matin au nord de Jérusalem est un nouveau chapitre dans l’Intifada de Jérusalem, et confirme que la lutte se poursuivra jusqu’à la liberté totale du peuple et de la terre », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Hamas a également saisi cette opportunité pour dénoncer la stratégie de l’Autorité palestinienne, qui cherche à obtenir un état en adhérant aux instances internationales.

« L’opération d’aujourd’hui signifie que notre peuple rejette la logique qui consiste à supplier pour avoir des droits via des institutions internationales, et signifie également que cette nation protégera ses droits et ses lieux saints, par son sang et son esprit », a-t-il ajouté.

L’AP et son parti principal, le Fatah, ne s’est pas encore exprimé sur cet attentat.

Les forces de sécurité sur les lieux d'une attaque perpétrée dans l'implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Les forces de sécurité sur les lieux d’une attaque perpétrée dans l’implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Cependant, Munir al-Jaghoub, qui dirige le département de l’Information du Fatah au Bureau de la Mobilisation et de l’Organisation, a publié un communiqué sur la page Facebook officielle du Fatah, indiquant que les politiques israéliennes à l’encontre des Palestiniens étaient responsables de l’attentat de Har Adar.

« Les pratiques quotidiennes d’Israël et la violation de l’occupation sur notre peuple est la cause de la violence », a-t-il écrit.

Depuis septembre 2015, ce sont 51 Israéliens, deux touristes américains, un ressortissant érythréen, un Palestinien et un étudiant britannique qui ont été tués au cours d’attaques au couteau ou d’attentats à la voiture-bélier commis par des assaillants palestiniens. Parallèlement, 300 Palestiniens et un ressortissant soudanais ont été tués par des tirs israéliens. Selon les autorités, il s’agit principalement d’assaillants.

Pour le gouvernement israélien, l’incitation par les dirigeants politiques et religieux, associée à des sites et des réseaux sociaux qui glorifient la violence et encouragent les attaques, sont responsables des attentats.

Judah Ari Gross et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.