Les ministres du gouvernement votent dimanche pour soutenir ou non à une proposition de loi qui interdirait aux restaurants en Israël de compter les pourboires des serveurs dans leurs salaires et de les forcer à les payer à la place le salaire minimum.

Selon le député de la Liste arabe unie Dov Khenin, qui a soumis cette proposition en 2013, la législation empêchera l’exploitation des serveurs dans l’industrie de services en officialisant la compensation des serveurs.

La proposition de loi de Khenin jouit du soutien de 63 députés de la coalition et de l’opposition, a annoncé dimanche le site d’informations Ynet. La commission ministérielle pour la législation décidera de donner ou non le soutien officiel de la coalition à la mesure.

Selon le syndicat des serveurs, les dizaines de milliers d’Israéliens travaillant dans l’industrie agroalimentaire ne sont pas protégés par les lois fondamentales sur le travail.

« Sans un salaire de base ou un salaire minimum, nous n’avons aucun droit, » a déclaré samedi le fondateur du groupe, Alon Green, dans un post sur Facebook saluant la proposition de Khenin.

Le député de la Liste arabe unie Dov Khenin à la Knesset (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Le député de la Liste arabe unie Dov Khenin à la Knesset (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

En plus d’assurer un salaire horaire minimum, la législation demandera aux restaurateurs de payer les membres de l’équipe qui sont assignés à des postes de disponibilité, et interdira aux gérants de décaler l’horaire de début du travail.

« L’emploi sans structure de paie ordonnée mène souvent à l’exploitation des serveurs, » a déclaré Khenin avant la décision de la commission de la Knesset, selon l’article. « Puisque les accords de travail informels ne sont pas protégés par la loi, cela crée une faille qui permet aux conditions de travail des serveurs d’être dégradées. »

Khenin estime que les serveurs en Israël perdent environ 7 000 shekels par an en bénéfices sociaux dans le système actuel des restaurants.

« Un pourboire n’est pas un salaire, c’est une charge de service que le client choisit de payer à la fin du service. Et, selon la loi israélienne, un revenu est défini légalement comme étant au moins le revenu minimum – un financement qui doit être payé par l’employeur pour chaque heure travaillée, » a déclaré Khenin.

Green a déclaré que la plupart des serveurs en Israël renoncent à des compensations ou à des indemnités de disponibilité et ne sont pas remboursés pour leur dépense de transports.

« Tous les autres droits et lois des travailleurs qui assurent que les employés reçoivent des heures supplémentaires ou un paiement pour Shabbat, des vacances, des congés maladies et un programme de retraite sont basés sur les lois sur le salaire minimum, a-t-il écrit. Même si les serveurs gagnaient 5 000 shekels par mois pendant deux ans, ils pourraient être licenciés et ne pas être éligibles à un seul shekel de compensation. »