« Nous les combattrons », a dit le chef de l’Etat François Hollande, en marge d’un déplacement à Trévières dans le Calvados (nord-ouest), au sujet des jihadistes qui rentrent en Europe après avoir combattu en Syrie.

Sa garde à vue, qui a débuté vendredi à la mi-journée, peut durer 96 heures, c’est-à-dire jusqu’à mardi, voire 144 heures, jusqu’à jeudi, si les enquêteurs devaient invoquer une menace terroriste imminente.

Au cours des 24 premières heures, il a gardé le silence, et les sources interrogées par l’AFP estiment qu’il est trop tôt pour évoquer d’éventuelles complicités.

« Beaucoup d’éléments concordent avec le tireur de Bruxelles », confie une source proche du dossier.

Le suspect a été arrêté avec une caméra portative de type GoPro, à l’instar du tueur Mohamed Merah, qui avait ainsi filmé en mars 2012 à Toulouse et Montauban les meurtres, au nom du jihad, de trois parachutistes puis trois enfants et un enseignant juifs.

Le Congrès juif européen avait immédiatement fait un parallèle entre l’affaire Merah et la fusillade de Bruxelles, qualifiée d’attaque antisémite par de nombreux responsables internationaux.

Inédite dans l’histoire récente de la Belgique, la tuerie du Musée juif a fait quatre morts, un couple d’Israéliens, une bénévole française et un employé belge, abattus en plein après-midi. Le parquet fédéral du royaume a qualifié les faits d' »assassinat terroriste ».

Après cette fusillade, condamnée dans le monde entier, les autorités belges ont renforcé la sécurité des synagogues, écoles et centres culturels juifs.

Faisant de l’arrestation du tireur la « priorité des priorités », elles ont aussi lancé un appel à la population pour le retrouver, en diffusant des extraits de vidéosurveillance montrant un homme s’approcher du musée situé dans le centre historique de Bruxelles, y entrer et tirer à plusieurs reprises avec une Kalachnikov sortie d’un sac noir, le tout en moins de deux minutes.

Avant l’arrestation de Marseille, le tueur était présenté par les enquêteurs belges comme un « homme déterminé », ayant agi « de sang-froid ».

Décrit par la police comme « athlétique » et de corpulence moyenne, il serait âgé d’une trentaine d’années, selon un témoin, comme le suspect arrêté en France.

Le « profil jihadiste » de Mehdi Nemmouche, tel que décrit par deux sources proches du dossier, risque de relancer la polémique sur la surveillance des Français qui partent combattre en Syrie.

Quelque 780 personnes vivant en France sont en route vers la Syrie, ont rallié ce pays en guerre ou en sont revenues.

La Belgique se bat aussi contre les filières jihadistes, estimant à environ 200 ses ressortissants partis en Syrie pour combattre, souvent aux côtés des Français.