La grève des employés du ministère des Affaires étrangères a obligé jeudi le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, réuni à Genève, à adopter un rapport sur Israël en son absence.

Le rapport, qui porte sur des recommandations en matière de droits de l’Homme, a été adopté à l’unanimité par les 47 membres du Conseil, en l’absence d’Israël (qui n’est pas membre mais qui a le droit de participer aux débats en tant que pays concerné).

L’adoption du rapport aurait dû avoir lieu le 20 mars, mais les débats avaient été reportés au 27 mars en raison de la grève des diplomates.

La grève des fonctionnaires israéliens se poursuivant, le président du Conseil, Baudelaire Ndong Ella (Gabon), a suggéré à Israël d’envoyer des fonctionnaires qui ne travaillent pas au ministère des Affaires étrangères ou de faire parvenir un message vidéo ou texte.

« Le 24 mars les autorités (israéliennes, ndlr) nous ont fait parvenir un courrier indiquant que la grève se poursuivait », a déclaré jeudi M. Ndong Ella devant le Conseil.

Dans cette lettre, dont l’AFP a lu une copie, les autorités israéliennes s’excusent pour les inconvénients causés par son absence à la réunion. Israël indique par ailleurs avoir passé en revue les 237 recommandations formulées dans le rapport le concernant et annonce accepter 105 d’entre elles, « partiellement ou totalement ».

Plusieurs pays, dont Cuba, le Venezuela et Pakistan, ont critiqué l’absence d’Israël. Le représentant égyptien a accusé Israël de continuer à dénigrer et boycotter le Conseil des droits de l’Homme.

Israël avait coupé les ponts avec le Conseil en mars 2012 lorsque celui-ci avait décidé de lancer la première enquête internationale indépendante sur les conséquences de la colonisation israélienne dans les Territoires occupés.

Mais le 29 octobre dernier, Israël avait mis fin à ce boycottage en participant à une réunion du Conseil sur la situation des droits de l’Homme sur son territoire, un examen auquel tous les pays membres de l’ONU doivent se soumettre tous les quatre ans.