Près de 20 % des utilisateurs israéliens de Facebook ont supprimé des « amis » lors de la guerre à Gaza. Les personnes aux opinions politiques extrêmes sont les plus nombreux à le faire, selon une nouvelle étude.

L’étude, conduite par le Pr Nicholas John, un sociologue de l’Université Hébraïque de Jérusalem, a trouvé qu’un utilisateur israélien de Facebook sur six a « supprimé des amis » ou a arrêté de « suivre » quelqu’un lors de l’opération Bordure protectrice. La moitié des personnes a supprimé quatre contacts ou plus.

Sur le réseau social, « supprimer » ou « arrêter de suivre » implique une restriction du partage de l’information. Seulement la suppression affecte l’autre personne.

Plus les personnes étaient éloignées idéologiquement du centre politique, plus elles avaient de chance de supprimer quelqu’un, et le sens de la conviction politique est sans importance, selon l’étude. Les personnes de gauche sont tout autant enclines à « supprimer » quelqu’un que celles de droite. Etre plus engagé politiqument constituait aussi un élément de prédiction. Les raisons pour « supprimer » quelqu’un incluent être offensé, ou simplement être en désaccord, avec leurs publications.

« Cela montre que ‘supprimer’ sur Facebook est un nouveau phénomène à travers lequel les personnes créent des environnements médiatiques homogènes ou des ‘chambres d’écho’. Cela leur permet de filtrer les contenus qui les offensent, avec lesquels ils sont en déaccord, ou avec lesquels ils ne veulent pas être associés ».

10 jours après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, John a réalisé une enquête sur 1013 utilisateurs israéliens juifs de Facebook. Il a constaté que les Israéliens étaient plus politisés sur Facebook lors de la guerre qu’ils ne l’avaient été au cours des 12 derniers mois. Alors que presque la moité des personnes dans l’étude a déclaré ne pas avoir publié des contenus liés à la guerre, 6,4 % a déclaré avoir publié de tels contenus « en grande quantité ».

Parmi les participants à l’enquête, 60 % se considéraient de droit, 20 % au centre et 20 % de gauche, ce qui est en accord avec les chiffres de l’Institut Démocratique d’Israël. De manière significative, les jeunes utilisateurs avaient plus tendance à supprimer quelqu’un que les utilisateurs plus âgés. Pour John, la différence s’explique par le fait que les jeunes s’identifient plus avec leurs profils Facebook.

Le résultat fournit un profil du ‘suppresseur’ juif israélien typique lors de la guerre : un jeune qui est engagé avec des positions politiques très tranchées. Ces personnes étaient les plus à même de « supprimer » quelqu’un avec qui elles étaient en désaccord et avec lequel elles avaient des liens personnels faibles.

L’étude montre particulièrement que les personnes dans le sud d’Israël qui ont subi la plupart des tirs de roquettes depuis la bande de Gza lors de la guerre, n’avaient pas plus tendance que les autres juifs israéliens à « supprimer » ou à « arrêter de suivre » quelqu’un.

Un quart des participants a pensé à « supprimer » ou à « arrêter de suivre » quelqu’un, mais n’a pas choisi de le faire au final. Seulement 3,4 % des personnes interrogées pensaient avoir été supprimées, et de ses personnes, 70% n’en avaient rien à faire.