Israël est actuellement un pays en guerre. Au cours des huit derniers jours, il a été visé par près de 1 300 roquettes tirées sur sa population presque partout dans le pays.

Si ‘seulement’ un Israélien a été tué au moment de l’écriture de cet articule, ce n’est pas par manque de volonté du Hamas.

Cela provient du système d’alarme d’Israël et des abris, des chambres fortifiées construites dans les nouvelles maisons pendant des années, de la discipline des citoyens dans le respect des procédures de sécurité, et plus important, du remarquable succès du système de défense, le Dôme de Fer, pour intercepter environ 90% des roquettes dirigées vers les zones résidentielles.

Malheureusement, être constamment sous la menace de bombes n’est pas quelque chose de nouveau pour Israël qui a constamment enduré des attentats à la bombe au cours de la deuxième Intifada, les tirs de roquettes du Hezbollah en 2006, et les deux derniers conflits avec le Hamas au cours des six dernières années.

Cela ne surprend plus les Israéliens que nos conflits soient présentés injustement et mal compris à l’étranger. Cela ne nous surprend plus qu’Israël, au lieu du Hamas, soit critiqué pour la souffrance des Gazaouis au milieu de laquelle le Hamas opère. Le Hamas tire cyniquement sur Israël à proximité des maisons et des écoles de Gaza.

Cela ne nous surprend plus qu’Israël soit attaqué pour imposer un blocus de sécurité à Gaza, alors que le Hamas souhaite obtenir un feu vert pour faire entrer en contrebande des matériaux.

Le Hamas utilise les ressources autorisées dans la bande de Gaza pour construire des milliers de roquettes et renforcer les bunkers dans lesquels il cache ses armes, ses centres de commande et ses dirigeants dans les guerres qu’il commence. Cela ne nous surprend plus, mais cela nous frustre et nous déçoit.

Une chose qui nous surprend pourtant cette fois est de voir notre ministre des Affaires Etrangères sape ouvertement l’activité de notre Premier ministre et du gouvernement au sommet de la crise.

Mardi après-midi, Avidgor Liberman a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a préconisé la reconquête de Gaza comme l’unique moyen d’arrêter définitivement les attaques de roquettes du Hamas. Il a également raillé « toute cette hésitation » sur l’escalade d’une réponse militaire israélienne aux tirs de roquettes.

Liberman avait été en minorité quelques heures plus tôt lors d’une réunion restreinte du cabinet de sécurité, le groupe de décision le plus important d’Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait été majoritaire dans sa décision d’accepter le cessez-le-feu proposé par l’Egypte. L’offre est rapidement devenue caduc puisque le Hamas l’a rejetée.

Plutôt que de respecter le principe de la responsabilité collective, le ministre de Affaires étrangères a fait appel aux médias pour présenter sa propre démarche alternative à la résolution des guerres d’Israël avec le Hamas. Il va sans dire qu’il s’agissait d’un coup servant uniquement son intérêt politique. Liberman erre tout autour du spectre politique de centre droit qu’il juge utile.

A la fin du dernier conflit, l’Opération Pilier de Défense en novembre 2012, Liberman avait salué la conduite d’Israël d’une campagne limitée à huit jours sans l’emploi des troupes au sol. Il avait alors déclaré que la « Force n’est pas seulement de frapper, mais aussi d’exercer de la retenue ». Il avait même félicité le Président égyptien de l’époque, Mohammed Morsi, pour son « rôle responsable » dans la résolution de la crise.

Mardi, sans aucune justification, Liberman a cherché à marquer des points aux dépens de la foi des Israéliens dans leurs dirigeants. Que ses positions sur Gaza soient correctes ou non, Israël veut-il vraiment reconquérir Gaza et reprendre la responsabilité d’1,6 million de Palestiniens ? Combien d’Israéliens pourraient mourir dans cette opération ? Comment la légitimité israélienne en sera affectée ? Y-a-t-il de meilleurs moyens de neutraliser le Hamas, y compris grâce à l’axe israélo-palestinien en développement ? Le fait est que Liberman n’a pas été élu pour diriger ce pays. S’il considère que Netanyahu fait un travail nul, il devrait quitter le gouvernement, mais pas le saper de l’intérieur. Et surtout pas depuis sa position à la tête de toute la hiérarchie de la diplomatie israélienne.

Le ministre des Affaires étrangères n’est pas le seul politicien important du gouvernement israélien à s’opposer publiquement à Netanyahu. Des personnes moins connues, y compris les ministres Israël Katz (Likoud) et Uzi Landau (Israël Beytenu) et l’adjoint du ministre de la Défense Danny Danon (Likoud) critiquaient également Netanyahu mardi. Danon, éminemment superflu, a été ensuite viré mardi.

Liberman est pourtant l’ancien chef du bureau du Premier ministre et a été son partenaire politique aux élections de janvier 2013 lorsque leurs deux partis ont concouru sur une liste commune (un partenariat auquel Liberman a mis fin la semaine dernière). Il est perçu comme quelque connaissant bien le Premier ministre, et maintenant, il nous dit que Netanyahu ne sait pas ce qu’il fait.

Ce n’est pas le moment de faire des petits coups politiques. Les dirigeants d’Israël doivent mettre toutes les autres considérations de côté, ils doivent discuter sur le meilleur moyen de protéger le pays, prendre des décisions et être unis. Netanyahu, dans une brève apparition plus tard mardi, a déclaré « ignorer les bruits de fond », agir la tête claire et faire la « chose juste » afin de restaurer le calme pour le peuple d’Israël. Lorsque ce conflit finira, le temps d’Avidgor Liberman à un poste ministériel devrait également être achevé.