La Haute cour de Justice a prononcé jeudi une ordonnance temporaire autorisant les manifestations devant la résidence du procureur général Avichai Mandeblit jusqu’à nouvel ordre, après que la police a cherché à interdire les manifestations hebdomadaires demandant l’inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre des enquêtes pour corruption qui pèsent sur lui.

Cependant, tout en permettant aux manifestations de continuer sans l’approbation de la police, le tribunal a posé comme condition que les manifestations sur la place Goren de Petah Tikva ne dépassent pas 500 personnes. Il a ajouté que si d’autres manifestants souhaitaient se joindre à la manifestation, ils devraient se réunir dans un parc voisin.

La décision a été prise suite à la requête déposée devant la Cour par des organisateurs de la manifestation après que la police a empêché les manifestants de s’approcher de la résidence de Mandelblit le week-end dernier. La police avait également annoncé que toute nouvelle manifestation nécessiterait une autorisation de la police au préalable.

Les manifestations, qui sont organisées tous les samedis soirs depuis le mois de décembre 2016, ont considérablement augmenté au cours des dernières semaines, avec les derniers développements des enquêtes pour corruption impliquant Netanyahu. Il y a deux semaines, plus de 2 500 personnes ont participé aux manifestations.

Des manifestants protestent aux abords du domicile du procureur général Mandelblit à Petah Tikva le 5 août 2017 (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)

Des manifestants protestent aux abords du domicile du procureur général Mandelblit à Petah Tikva le 5 août 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Au cours de l’audience, le juge Yoram Danziger a évoqué les plaintes selon lesquelles les manifestations constituaient une nuisance pour les résidents du quartier de Kfar Ganim, et a ajouté que le droit de manifester prévalait.

« Le droit des résidents de bénéficier d’un climat paisible n’est pas un droit légal qui pourrait se rapprocher du droit légal de manifester et de la liberté d’expression », a-t-il déclaré.

Même si le désir des résidents d’avoir une ambiance calme n’est pas un motif pour interdire les manifestations, en plus de limiter le nombre de participants, le tribunal a empêché les manifestants d’utiliser des haut-parleurs pendant les manifestations, et a limité à deux le nombre de mégaphones aux manifestations.

Le tribunal a également statué que les manifestations ne peuvent commencer qu’après 20 heures, au moment où Shabbat se termine, et que les manifestants ne peuvent pas déborder sur la rue ou perturber la circulation.

Au cours de l’audience, la police a accepté les termes proposés par les juges, mais les leaders des manifestants ont déclaré qu’ils n’accepteraient volontairement aucune limitation. En réponse, les juges ont rendu l’injonction temporaire et ont déclaré qu’ils rendraient une décision définitive dans les prochains jours.

Menny Naftali, l’un des deux leaders de la manifestation arrêtés samedi soir pour avoir tenté de se joindre à la manifestation malgré le blocage de la police, a déclaré qu’il respecterait la décision mais n’abandonnerait pas les combats pour organiser des manifestations sans limites.

« Nous ne pouvons pas permettre que les efforts de la police mettent un terme à la manifestation pour nous distraire des problèmes réels », a-t-il déclaré au micro de la Deuxième chaîne jeudi soir. « Nous resterons là, devant la maison de Mandelblit, jusqu’à ce que la véritable justice soit faite et que la corruption soit éradiquée. »