La Haute cour de Justice a estimé mercredi que la municipalité de Tel Aviv avait le droit d’autoriser l’ouverture des commerces de proximité pendant Shabbath.

« C’est une loi municipale qui est proportionnée, d’une part elle permet le respect du Shabbat, et de l’autre, elle autorise un grand nombre de personnes à passer leur Shabbat comme ils le souhaitent », a écrit le ministre de la Défense Avigdor Liberman sur sa page Facebook jeudi.

« Tel Aviv a un certain caractère qui a émergé depuis la fondation de l’Etat, et il n’est pas nécessaire que le gouvernement intervienne et ruine le tissu urbain qui s’est développé », a-t-il dit.

Le jugement de la Haute cour a été vu comme une victoire pour la ville et les politiciens libéraux, qui ont dit que c’était une étape importante contre la coercition religieuse. Cependant, les responsables ultra-orthodoxes ont fustigé la décision et promis de la combattre en contournant la cour.

David Azoulay, à gauche, ministre Shas des Affaires religieuses, et le député du Likud David Amsalem à la Knesset, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

David Azoulay, à gauche, ministre Shas des Affaires religieuses, et le député du Likud David Amsalem à la Knesset, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

David Azoulay, le ministre des Affaires religieuses, a été jeudi le dernier ministre ultra-orthodoxe à dénoncer le jugement. Il a déclaré à la radio militaire qu’ « ils n’ont aucune idée de la valeur qu’a Shabbat dans l’Etat juif. »

« Malheureusement, dans l’Etat juif, la Haute cour a brutalement piétiné le Shabbat, et ne sera pas pardonnée », a déclaré Azoulay.

La veille, le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, qui préside également le parti ultra-orthodoxe Shas, avait crucifié le jugement, considéré comme un changement du statu quo religieux en Israël et un « coup sérieux au Shabbat saint et au caractère du peuple juif. »

Yaakov Litzman, le ministre de la Santé du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, a affirmé que le jugement était « la poursuite de l’ingérence judiciaire vulgaire dans les valeurs de la religion et la loi religieuse. »

Litzman a déclaré que la décision ne laissait « pas d’autres choix que d’avancer un processus juridique pour court-circuiter la Haute cour. » Une telle mesure, a-t-il dit, « empêchera l’érosion incessante de la tradition et de la religion dans le pays », cité par Haaretz.

Yaakov Litzman, ministre de la Santé, pendant la conférence médicale 2016 d'Israël, à Jérusalem, le 16 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Yaakov Litzman, ministre de la Santé, pendant la conférence médicale 2016 d’Israël, à Jérusalem, le 16 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Deri a déclaré que lui et d’autres députés religieux rencontreraient rapidement le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour protester contre le jugement.

La loi israélienne interdit aux entreprises de fonctionner durant la journée de repos juive, à l’exception toutefois, notamment, des lieux de loisirs, des restaurants et des services fondamentaux, comme les pharmacies.

Tel Aviv, qui accueille une population majoritairement laïque et à la sensibilité politique de gauche, a cherché à élargir le spectre des entreprises autorisées à ouvrir pendant Shabbath, tandis que les partis politiques ultra-orthodoxes ont eux voulu ajouter des restrictions et améliorer l’application des lois du Shabbath.

La question de l’ouverture des commerces de proximité à Tel Aviv a suscité la controverse parmi les politiciens religieux et laïcs, et a fini par échouer devant la Haute cour après que deux ministres de l’Intérieur, Aryeh Deri du Shas et Gideon Saar du Likud, ont refusé de se prononcer sur l’affaire.