La Jordanie n’a pas consulté l’Autorité Palestinienne au sujet des négociations avec Israël qui ont conduit à retirer les détecteurs de métaux et les caméras aux entrées du mont du Temple à Jérusalem, a déclaré un officiel palestinien de haut rang mardi.

L’officiel a également indiqué que l’AP reprendrait sa coopération sécuritaire avec Israël – toujours gelée après le retrait des détecteurs – si Israël prenait des « mesures logiques ».

Les détecteurs ont été installés la semaine dernière après une attaque terroriste sur le lieu saint le 14 juillet, au cours de laquelle trois terroristes arabes israéliens ont utilisé des armes introduites en contrebande dans l’enceinte pour tuer deux officiers de police qui montaient la garde à proximité.

« Pour l’instant, les Jordaniens ne nous ont pas présentés les détails de l’accord qu’ils ont obtenu, et on ne sait pas clairement pourquoi », a déclaré un officiel palestinien au Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le roi de Jordanie Abdallah II se sont parlés au téléphone lundi pour discuter des tensions autour du site sacré situé dans la Vieille Ville de Jérusalem, et aussi de la crise diplomatique concernant un garde de sécurité à l’Ambassade israélienne à Amman qui a tiré et tué deux personnes après avoir été attaqué avec un tourne-vis.

La Jordanie avait demandé que le garde soit arrêté et que l’on mène une enquête, alors qu’Israël avait insisté pour qu’il rentre à la maison sous son immunité diplomatique. Lui et d’autres membres de l’ambassade israélienne sont effectivement rentrés en Israël tard lundi soir.

L’officiel palestinien a déclaré que c’était Israël qui avait informé le ministère de l’AP pour les affaires civiles de son intention de retirer les détecteurs de métaux et les caméras de sécurité de la zone.

Yoav Mordechai, dirigeant du COGAT, et Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l'Autorité palestinienne, après la signature d'un accord de coopération sur l'eau, le 15 janvier 2017. (Crédit : COGAT)

Yoav Mordechai, dirigeant du COGAT, et Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne, après la signature d’un accord de coopération sur l’eau, le 15 janvier 2017. (Crédit : COGAT)

L’AP décidera de sa position après avoir examiné les développements sur le terrain, a déclaré l’officiel.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas a rencontré des activistes de son parti du Fatah tard à Jérusalem mardi, avant de rencontrer les autres dirigeants de l’AP dans la soirée.

Il a souligné que les dirigeants à Ramallah « n’avaient pas l’intention de permettre à n’importe quel élément de mettre en danger la stabilité et l’ordre » et ont promis « de maintenir nos engagements reconnus », une référence apparente aux efforts de l’AP de contrecarrer les attaques terroristes contre les Israéliens.

« Si les actions prises par Israël sont logiques, il sera dans notre intention de revenir à la situation antérieure en ce qui concerne la coordination avec Israël », a-t-il déclaré.

L’AP a demandé que la situation sur le mont du Temple revienne à ce qu’elle était avant la dernière crise, a-t-il déclaré, avertissant qu’elle ne serait pas d’accord avec n’importe quelle décision unilatérale sur le mont de Temple de la part d’Israël.

L’envoyé spécial américain Jason Greenblatt doit rencontrer le négociateur en chef de l’AP, Saeb Arekat, et le chef des renseignements palestiniens, Majed Faraj, pour parler des prochaines étapes à venir.

Jason Greenblatt, à gauche, envoyé spécial du président américain, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 12 juillet 2017. (Crédit : Haim Tzach/GPO)

Jason Greenblatt, à gauche, envoyé spécial du président américain, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 12 juillet 2017. (Crédit : Haim Tzach/GPO)

Lundi, alors que Greenblatt se rendait de Jérusalem à Amman pour essayer de trouver une solution aux tensions sur le mont du Temple, l’absence de Ramallah sur le trajet a été remarquée.

Dans la journée, le chef de l’agence de sécurité intérieur d’Israël du Shin Bet, Nadav Argaman, était aussi à Amman pour essayer de trouver une solution à cette impasse.

Tôt mardi, le cabinet de sécurité d’Israël a déclaré qu’il remplacerait les détecteurs de métaux avec « des technologies avancées » en référence à des caméras qui peuvent détecter des objets cachés, mais a précisé que le processus pourrait prendre jusqu’à six mois.

Les fidèles musulmans se sont tenus à l’écart du lieu saint depuis que les détecteurs ont été installés la semaine dernière. A la place, ils ont organisé des prières en masse en signe de protestation à l’extérieur du sanctuaire, et beaucoup de ces manifestations se sont transformées en affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.

Un officiel du Waqf a déclaré au Times of Israël qu’il continuait le boycott du mont du Temple tant que toutes les mesures de sécurité ajoutées après l’attaque n’étaient pas enlevées.

Les fidèles musulmans prient en dehors de la Porte des Lions de la Vieille Ville de Jérusalem aux entrées du Mont du Temple le 17 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

Les fidèles musulmans prient en dehors de la Porte des Lions de la Vieille Ville de Jérusalem aux entrées du Mont du Temple le 17 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

L’officiel a expliqué que les « nouvelles caméras de haute technologie » ne seraient pas acceptées à la place des détecteurs de métaux.

En tant que gardien du site, la Jordanie a le dernier mot sur les politiques musulmanes dans le lieu saint, mais doit également prendre en considération l’opinion publique, y compris parmi les Palestiniens en Terre Sainte. Israël reste responsable de la sécurité générale du lieu.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.