La Jordanie a condamné jeudi l’afflux de visiteurs juifs sur le mont du Temple pendant la semaine de la fête de Souccot, le décrivant comme « l’assaut de la mosquée Al-Aqsa par des colons et des extrémistes juifs », et a jugé Israël « irresponsable » d’avoir autorisé l’entrée dans l’enceinte.

Le député Yehuda Glick (Likud), un ancien militant du mont du Temple, a tweeté jeudi que 2 265 Juifs se sont rendus sur le mont du Temple, le site le plus sacré du judaïsme, soit 40 % de plus que les 1 611 visiteurs de l’année précédente.

Aucun trouble n’a été signalé lors des visites.

Mohammad Momani, le ministre d’Etat jordanien des Affaires médiatiques, a déclaré que permettre aux Juifs d’entrer dans le site était « irresponsable » et « constitu[ait] un acte de provocation [contre] les sentiments des musulmans », a indiqué l’agence de presse Petra.

Il a qualifié ces visites de « prise d’assaut de la mosquée Al-Aqsa par des colons et des extrémistes juifs », et a exhorté Israël à mettre fin à de tels actes « provocateurs ».

« De tels comportements nuisent aux relations entre les deux pays et sapent les efforts visant à apaiser les tensions et à préserver le statut historique et légal de la mosquée Al-Aqsa / Haram Al Sharif », a-t-il déclaré en ajoutant qu’autoriser les Juifs à se rendre au site sacré affaiblissait la possibilité de pourparlers de paix palestiniens.

Mohammad Al Momani, Le ministre jordanien des Affaires médiatiques (Crédit : Autorisation)

Mohammad Al Momani, Le ministre jordanien des Affaires médiatiques (Crédit : Autorisation)

Le mont du Temple est le site où se situe le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa. Il est considéré par les Juifs comme l’emplacement des temples juifs bibliques et est le troisième site saint de l’islam.

Selon l’arrangement actuel, le site, connu des Musulmans sous le nom de Haram al-Sharif, reste sous la tutelle jordanienne. Les Juifs sont autorisés à visiter le complexe dans le cadre des arrangements existants, mais n’ont pas le droit de de prier ou pratiquer leur culte, comme cela est le cas depuis qu’Israël a annexé la Vieille Ville pendant la guerre de 1967.

En juillet, le site sacré est devenu le centre d’une crise majeure entre les autorités israéliennes, les Palestiniens et la Jordanie au sujet des mesures de sécurité prises aux entrées du complexe.

Des détecteurs de métaux et des caméras avaient été installés après une attaque meurtrière au cours de laquelle trois Arabes israéliens ont abattu deux policiers israéliens en utilisant des armes qui avaient été introduites clandestinement sur le mont du Temple. Les mesures de sécurité améliorées ont finalement été retirées.