Le garde de sécurité de l’ambassade israélienne en Jordanie qui aurait tué deux Jordaniens dans l’enceinte diplomatique d’Amman après avoir été attaqué au couteau par l’un d’eux aurait été inculpé de meurtre par contumace.

Le procureur-général de Jordanie Akram Masaadeh a déclaré à l’agence de presse jordanienne que son bureau avait terminé l’enquête portant sur l’incident de dimanche au cours duquel Mohammad Jawawdeh, âgé de 17 ans, et Bashar Hamarneh ont été tués, selon une traduction offerte par le quotidien Al Ghad.

Il a inculpé le garde, Ziv, dont le nom de famille reste sous ordonnance de non publication et qui se trouve dorénavant en Israël, de deux chefs d’accusation de meurtre et de possession d’une arme sans autorisation préalable.

Masaadeh a indiqué que l’immunité diplomatique des employés n’empêcherait ni son inculpation, ni la tenue d’un procès en Israël.

De plus, le gouvernement a chargé le ministre de la Justice Awad Abu Jarad « de mener à bien la justice pénale », a rapporté le Jordan Times.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, le 25 juillet 2017, l'ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein et le garde de la sécurité 'Ziv,' qui a tué par arme à feu deux Jordaniens alors que l'un d'eux l'avait attaqué au couteau (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, le 25 juillet 2017, l’ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein et le garde de la sécurité ‘Ziv,’ qui a tué par arme à feu deux Jordaniens alors que l’un d’eux l’avait attaqué au couteau (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le cabinet jordanien a également établi un comité dont la tâche sera de « recommander un plan pour une action légale bien prévue à tous les niveaux, à l’international si nécessaire, et pour se préparer à l’étape qui suit la fin de l’enquête par le procureur, le procès et le verdict ».

Le ministre des Affaires étrangères jordanien Ayman Safadi a expliqué au cabinet que le comité poursuivra la justice « conformément au droit internationl qui produit des outils légaux pour… garantir la justice pénale ».

Jeudi, Ziv a été interrogé par les autorités israéliennes. Il a indiqué aux enquêteurs que Jawawdeh l’avait poignardé après avoir appris qu’il était israélien, a fait savoir la Dixième chaîne.

Des Jordaniens crient des slogans durant une manifestation à l'Appel du Front d'action islamique à Amman, après les prières du vendredi 21 juillet 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité mises en place par Israël (Crédit :  Khalil MAZRAAWI/AFP)

Des Jordaniens crient des slogans durant une manifestation à l’Appel du Front d’action islamique à Amman, après les prières du vendredi 21 juillet 2017, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité mises en place par Israël (Crédit : Khalil MAZRAAWI/AFP)

Jawawdeh, fils du propriétaire d’un magasin de meubles, se trouvait dans la résidence de l’ambassade pour installer des meubles de chambre à coucher au moment de l’incident.

Hamarneh, le propriétaire, a été lui aussi touché par une balle et il est mort ultérieurement de ses blessures.

Le garde de sécurité a rejeté les affirmations jordaniennes disant que l’incident avait éclaté suite à une dispute sur les meubles. Il a expliqué avoir été agressé pour des raisons « nationalistes », selon les médias hébreux.

La police, l’agence de sécurité du Shin Bet et la sécurité diplomatique du ministère des Affaires étrangères sont en charge de l’enquête qui est personnellement supervisée par le Procureur général Avichai Mandelblit et le procureur de l’Etat Shai Nitzan, selon le site d’informations Ynet.