La Jordanie pourrait prendre des mesures diplomatiques contre l’Etat juif en réponse à une fusillade mortelle qui a eu lieu le mois dernier dans le complexe de l’ambassade israélienne à Amman.

L’épisode du 23 juillet, dans lequel un garde de l’ambassade israélienne, Ziv Moyal, a abattu deux Jordaniens, a déclenché une crise diplomatique entre Jérusalem et Amman. Le garde dit avoir été attaqué par l’un des deux hommes avec un tournevis, et Israël affirme qu’il a ouvert le feu pour se défendre. Sous pression de la Jordanie, Israël a ouvert une enquête la semaine dernière sur l’incident.

La querelle s’est aggravée quand le bureau de Benjamin Netanyahu a publié des photographies du Premier ministre accueillant chaleureusement Moyal à son retour en Israël, le roi Abdallah II de Jordanie mettant en garde contre des répercussions diplomatiques.

Abdallah II a déclaré que le Jordanie avait été « exaspérée » par le sujet, affirmant qu’il s’agissait d’un « comportement inacceptable et provocateur. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, le 25 juillet 2017, l'ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein et le garde de la sécurité 'Ziv,' qui a tué par arme à feu deux Jordaniens alors que l'un d'eux l'avait attaqué avec un tournevis. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre, le 25 juillet 2017, l’ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein et le garde de la sécurité ‘Ziv,’ qui a tué par arme à feu deux Jordaniens alors que l’un d’eux l’avait attaqué avec un tournevis. (Crédit : Haim Zach/GPO)

La Jordanie, qui a signé un traité de paix avec Israël en 1994, n’a pas encore autorisé l’ambassadrice israélienne Einat Schlein à revenir à son poste avec les autres employés de l’ambassade, qui ont tous quitté le pays, selon un article publié dimanche par le quotidien jordanien al-Ghad.

Selon le journal, considéré comme proche des dirigeants du royaume hachémite, Amman envisage de possibles « options diplomatiques » à prendre contre Israël après l’incident.

Le quotidien panarabe londonien Rai al-Youm a annoncé qu’Amman avait déjà lancé une réponse comportant trois volets à ce que le pays considère comme une gestion inappropriée de l’incident par Netanyahu.

La réponse comprend la fourniture d’informations détaillées sur la manière dont Netanyahu a tenté de manipuler l’opinion publique israélienne suite à la fusillade, une rare visite à Ramallah d’Abdallah II, et la transmission d’un message au prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, le mettant en garde contre « un complot israélien pour pourrir le jeu. »

Le roi Abdallah II de Jordanie (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Le roi Abdallah II de Jordanie (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Cette dernière mesure serait celle qui aurait le plus d’importance, étant donné les récentes tentatives de Jérusalem de dégeler ses relations avec Ryad.

Il n’y a pas eu de réponse officielle de responsables israéliens.

Ces derniers mois, des responsables israéliens ont indiqué le désir de l’Arabie saoudite de jouer un rôle dans les efforts de paix israélo-palestinienne, et les Etats-Unis pousseraient également Ryad à s’impliquer.

Dans un câble adressé au prince héritier, Amman a écrit que Netanyahu « se moque » des deux pays arabes, et cherche à influencer leurs relations bilatérales, a rapporté Rai al-Youm.

Abdallah II devrait se rendre lundi à Ramallah pendant plusieurs heures, sa première visite depuis cinq ans.

Vendredi, des centaines de Jordaniens ont manifesté devant l’ambassade fermée d’Israël à Amman, où ils ont appelé à la fermeture de l’ambassade et à l’annulation d’un accord sur le gaz naturel entre Israël et la Jordanie.