La Jordanie a annoncé avoir ordonné lundi l’expulsion de l’ambassadeur de Syrie, Bahjat Souleimane, sommé de quitter le pays dans les 24 heures en raison de ses « insultes répétées » à l’égard du royaume.

« Le ministère des Affaires étrangères, sur ordre du ministre (Nasser Jawdeh), a remis à l’ambassade de Syrie un mémorandum sur la décision du gouvernement jordanien considérant l’ambassadeur Bahjat Souleimane comme persona non grata et lui demandant de quitter le pays sous 24 heures », a déclaré la porte-parole du ministère, Sabah al-Rafeï.

Citée par l’agence officielle Petra, Mme Rafeï a expliqué que la décision du gouvernement avait été motivée « par les insultes répétées de Souleimane et ses déclarations hostiles au royaume jordanien, ses dirigeants, ses symboles et ses citoyens, via ses rencontres personnelles, ses écrits, les médias et les réseaux sociaux ».

Le diplomate syrien n’a pas écouté les « avertissements répétés » de la Jordanie lui demandant « de ne pas abuser de l’hospitalité jordanienne », a-t-elle regretté.

En juin 2013, la Jordanie avait affirmé avoir lancé un « dernier avertissement » à l’ambassadeur syrien, en menaçant de le déclarer persona non grata s’il continuait à insulter le royaume, pays voisin de la Syrie en guerre.

M. Souleimane « a violé toutes les règles diplomatiques à travers son comportement condamnable et ses déclarations contre la Jordanie », avait à l’époque déclaré M. Jawdeh.

Elle avait évoqué en particulier des propos du diplomate dénonçant les participants à une réunion en mai 2013 à Amman du groupe des « Amis de la Syrie », favorable à la rébellion anti-Assad, les qualifiant d' »ennemis de la Syrie, ou des amis d’Israël ».

Selon le député jordanien Bassam Manasir, M. Souleimane avait aussi menacé sur Facebook: les Jordaniens « sont ignorants. Ils devraient savoir que la Syrie a des missiles Iskander, qui sont très efficaces contre les missiles Patriot » déployés par les Etats-Unis en Jordanie.

La Jordanie, qui accueille près de 600 000 réfugiés syriens ayant fui la guerre dans le pays, fait partie du groupe des « Amis de la Syrie », mais le royaume a toujours voulu garder ses distances avec le régime comme avec les rebelles, s’inquiétant d’un débordement du conflit.