Israël et la Jordanie sont en train de négocier l’ouverture des sites au mont du Temple, y compris le Dôme du Rocher, à des non-musulmans, après 15 ans de restrictions, a signalé le quotidien Haaretz mardi.

Les négociations entre Israël, qui gère la sécurité du Lieu saint, et la Jordanie, qui a une influence sur la gestion religieuse du site, durent depuis des mois, a indiqué le Belgian International Crisis Group.

L’augmentation du tourisme – et les recettes que l’on peut en tirer – devrait encourager le Waqf, le corps religieux qui gère formellement au jour le jour les affaires du mont du Temple, à maintenir la paix, a indiqué l’ONG.

Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne, qui contrôlaient le Waqf jusqu’à récemment, espèrent éviter les éclats de violence comme ceux qui ont secoué le mont du Temple l’an dernier, qui ont abouti à la tentative d’assassinat contre l’activiste juif Rabbi Yehuda Glick en octobre 2014 et à la fermeture temporaire du site à la fois des Musulmans et aux Juifs, a ajouté l’International Crisis Group.

Alors que le site est ouvert aux visiteurs non-musulmans la plupart des jours de l’année, l’entrée au sanctuaire du Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa et le Musée islamique, est limitée aux musulmans depuis le déclenchement de la deuxième Intifada en 2000.

En outre, seuls les musulmans sont autorisés à prier n’importe où sur le site.

Au cours des entretiens, les autorités jordaniennes ont demandé à ce que les Juifs pratiquants, qui craignent-ils pourraient prier sur le lieu saint, et que les soldats en uniforme se voient refuser l’entrée des sites musulmans, a signalé Haaretz.

Israël a refusé la demande mais a accepté de prendre certaines mesures de protection contre l’incitation à la violence juive.

Cependant, le bureau du Premier ministre a nié l’existence de tels pourparlers. « Il n’y a pas de négociations et pas de changement dans le statu quo au mont du Temple », a affirmé un représentant à Haaretz.

L’ONG a expliqué qu’un autre problème auquel ils pourraient faire face lors des négociations était le changement dans le paysage politique israélien, qui est devenu plus à droite depuis l’élection de mars.

Ce virage conservateur peut conduire les pourparlers à s’effondrer, a affirmé le groupe à Haaretz.

Israël a été secoué par une vague de violences à l’automne dernier tandis que les rumeurs allaient bon train sur la possibilité qu’Israël envisage de changer le status quo et d’autoriser un accès aux Juifs sur le site, ainsi que la prière juive. Des émeutes et des attaques terroristes ont eu lieu.

La violence ne s’est calmée qu’après de nombreuses déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahu garantissant qu’Israël n’avait aucune intention de changer le status quo, ainsi que l’intervention jordanienne.

Les responsables israéliens, qui ont accepté de commenter le sujet sous couvert d’anonymat, interrogés par l’International Crisis Group ont expliqué que, en plus de maintenir la paix sur le mont du Temple, qui est souvent précaire, la résolution de la question avec les Jordaniens en particulier donnerait au plus modéré roi Abdallah de Jordanie du poids supplémentaire dans la région.

« L’instabilité à al-Aqsa nuit à la sécurité interne jordanienne et à la position de roi Abdullah. Nous avons géré le printemps arabe avec à peine quelques manifestations de plus de 800 participants. Mais une escalade à al-Aqsa pourrait en faire ressortir 80 000 », a déclaré un responsable jordanien.

Jusqu’à la deuxième Intifada en 2000, les sites du mont du Temple, y compris le Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa et le Musée islamique, étaient ouverts aux visiteurs payants, indépendamment de leur religion.

Le site a été fermé à tous les visiteurs et aux touristes juifs jusqu’en 2003.

Le mont a rouvert, à la grande colère du Waqf et de l’Autorité palestinienne, mais le musée et aux mosquées du site sont restés hors-limites aux visiteurs non-musulmans jusqu’à aujourd’hui.