La Jordanie a déclaré qu’elle suspendait les négociations avec Israël sur l’accord de 15 milliards de dollars de gaz naturel, ont rapporté les médias jordaniens dimanche, une semaine après qu’Israël a interdit à un consortium multinational d’exploiter des champs de gaz offshore.

Selon les analystes, l’interruption des négociations – les plus importantes depuis qu’Israël a commencé à exploiter des champs offshore, qui devaient transformer le pays en une puissance régionale énergétique – veut mettre fin à des affaires avec Israël après l’initiative de son Autorité antitrust de mettre le holà sur l’accord de location.

Le journal jordanien Al-Ghad a rapporté qu’Amman a interrompu les pourparlers après l’annonce par un régulateur anti-trust israélien fin décembre qu’un partenariat entre Noble Energy américain et le Groupe Delek Israel constituerait un cartel qui démantèlerait ou céderait certaines exploitations.

Cette décision signifie que l’accord entre Israël et la Jordanie pourrait être retardé et modifié de manière significative.

Début septembre, Israël a signé un protocole d’entente avec la Jordanie pour alimenter le royaume hachémite de gaz naturel, fourni par son champ Leviathan, pendant plus de 15 ans pour une valeur de 15 milliards de dollars.

Amman et Jérusalem se sont concertées courant 2014 sur le pipeline de gaz, suscitant la colère en Jordanie, où de nombreux politiciens rejettent l’accord pour des raisons politiques.

Selon la décision de l’Autorité antitrust en décembre, Noble et Delek briseraient le consortium ou vendraient leurs parts aux champs Tamar ou Levianthan – les deux plus grandes réserves de gaz naturel au large des côtes israéliennes.

Les nouvelles de l’annonce ont fait chuter les actions de Delek à la Bourse de Tel Aviv. Le directeur de Noble Israel a averti que la décision « jetterait une ombre sur un futur développement du gaz et de pétrole en Israël ».

Léviathan, qui renfermerait 238 milliards de mètres cubes de gaz, a été découvert en 2010 à quelque 130 kilomètres à l’ouest de Haïfa. Il devait devenir opérationnel en 2016, mais la décision de l’Autorité antitrust devrait repousser l’échéance de plusieurs années.

Israël a décidé l’an dernier d’exporter 40 % du gaz exploité au large des côtes, et a depuis signé un accord de 20 ans, de 1,2 milliard de dollars, avec une société palestinienne, et en juin, a signé une lettre contenant l’intention de fournir de l’énergie à une installation égyptienne.

Ces découvertes devaient faire d’Israël un acteur mondial sur le marché du gaz.

Lazar Berman et David Shamah ont contribué à cet article.