La journée de l’Holocauste en Allemagne a été assombrie vendredi par une nouvelle polémique déclenchée par un élu du parti populiste de droite AfD qui a dénoncé son exclusion de cérémonies en raison de sa position critique sur la repentance allemande.

Björn Höcke, chef de file des députés de l’Alternative pour l’Allemagne au parlement régional de Thuringe, a été exclu de la cérémonie organisée dans cette assemblée parce qu’il avait déploré la semaine dernière dans un discours l’existence d’un mémorial « de la honte » à Berlin, en référence au mémorial de la Shoah.

Ces déclarations avaient suscité une vive indignation en Allemagne, toujours hantée par son passé nazi.

Le président du Parlement local Christian Carius, a demandé vendredi à M. Höcke de ne pas participer aux commémorations prévue à l’assemblée car « sa présence serait perçue comme une provocation », selon un communiqué. L’élu a quitté la salle.

Cet habitué des polémiques appartenant à la frange la plus radicale de l’AfD a réagi dans son propre communiqué en « condamnant » son exclusion et y voyant « une atteinte grave aux pratiques parlementaires ».

Bien que déclaré persona non grata, Björn Höcke comptait par ailleurs se rendre aussi dans l’après-midi à la cérémonie organisée au camp de Buchenwald (centre) à la mémoire des 250.000 personnes qui y ont été assassinées par les nazis.

Vue aérienne du Mémorial de l'Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)

Vue aérienne du Mémorial de l’Holocauste de Berlin (Crédit : de:Benutzer:Schreibkraft/Creative Commons/ Wikimedia)

« Après ses propos, il n’est pas acceptable que M. Höcke vienne déposer une gerbe au mémorial du camp de Buchenwald », avait justifié jeudi dans un communiqué Rikola-Gunnar Lüttgenau, la présidente de la Fondation en charge de l’ancien camp de concentration.

Björn Höcke lui avait immédiatement répondu dans une lettre citée par les médias allemands qu’elle n’avait pas « à décider qui peut participer ou non » et qu’il sera « évidemment » présent.

Le survivant français Bertrand Herz, président d’honneur du Comité international Buchenwald, a estimé que les survivants de la barbarie nazie ne pouvaient pas tolérer que la portée de l’holocauste « soit relativisée et que la mémoire des victimes soit souillée ».

Les propos de M. Höcke avaient aussi suscité des remous au sein de la direction de son parti l’AfD, très divisée sur son cas mais qui avait finalement refusé d’entamer une procédure d’exclusion à son encontre.

Mouvement anti-immigration, anti-islam, anti-européen et anti-élites, l’AfD a le vent en poupe, capitalisant notamment sur les craintes suscitées par l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile depuis 2015 en Allemagne. Il espère entrer à la Chambre des députés lors des législatives de septembre, ce qui serait une première pour un parti de ce type depuis 1945.