Dans une déclaration très inhabituelle faite dans la soirée de dimanche, le ministère de la Justice a démenti toute intention néfaste lors d’une perquisition menée dans les bureaux de la maison d’édition qui publiera les mémoires d’Ehud Olmert, ajoutant qu’il ne tiendrait pas compte d’éventuelles informations saisies sans rapport avec la divulgation présumée d’informations sensibles par l’ancien Premier ministre emprisonné dans le cadre de son livre.

Lorsque les policiers ont mené jeudi leur opération dans cette maison d’édition située à Rishon Lezion,confisquant des pages des mémoires écrites par l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, ils auraient également saisis des documents provenant de deux autres manuscrits, l’un écrit par l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, et un autre consacré au Premier ministre Benjamin Netanyahu et rédigé par le journaliste Ben Caspit.

Les deux livres devraient critiquer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ouvrage de Yaalon inclurait, selon des informations, son récit des faits de corruption présumés dans le contrat d’achat de sous-marins par la marine israélienne.

« Contrairement aux informations, aucun document ne sera examiné s’il n’est pas en rapport avec le livre d’Olmert », a fait savoir un communiqué du ministère de la Justice. « Personne ne l’examinera ou n’en fera un quelconque usage ».

Le chef d'État-major Gadi Eizenkot, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjmain Netanyahu à l'inauguration du nouveau sous-marin "Rahav" à Haïfa le 12 janvier 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le chef d’État-major Gadi Eizenkot, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjmain Netanyahu à l’inauguration du nouveau sous-marin « Rahav » à Haïfa le 12 janvier 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Détaillant le mandat spécifique accordé pour mener cette perquisition, qui avait pour objectif de déterminer si Olmert, qui purge actuellement une peine de prison pour corruption, avait divulgué illégalement des secrets d’état en travaillant sur ses mémoires depuis sa cellule, le ministère a fait savoir que « tous les documents sans rapport avec l’enquête seront rendus et aucune copie n’en sera conservée par la police. »

La maison d’édition appartient à Yedioth Ahronoth, le quotidien le plus vendu en Israël, qui a annoncé dimanche que des manuscrits sans relation avec l’affaire Olmert avaient été saisis. La police a également perquisitionné le domicile de Yehuda Yaari, qui édite les mémoires d’Olmert pour Yedioth Books.

Le chef de l’opposition Isaac Herzog a indiqué dimanche que cette opération représentait « une attaque sans précédent contre l’esprit de la démocratie israélienne », et a indiqué qu’il demanderait une audience spéciale à la Knesset sur l’incident.

Le Conseil israélien de la presse a demandé au bureau du procureur de l’état d’expliquer la nécessité de cette opération et la raison de la saisie de ces documents variés.